I. V. Notes du ch. iv, fin
" Courirai^ sans en verser, eût changé de destin;
" Ce refuge orgueilleux de TËspagnol mutin,
" Alost^ n'eût point fourni de matière à ta gloire ;
" Audtnarde jamais n'eût pleuré ta victoire.
" Que dirai-je de Lille^ où tant et tant de tours;
" De forts, de bastions, n'ont tenu que dix jours (*)? "
Le mérite de cette poésie franco-latine, c'est qu'elle est vraiment " exacte " et qu'elle suit ** Tordre des temps ", c est-à-dire Tordre de nos victoires.
" Apollon do son feu leur fut toujours avare. '* On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre,
** A ce propos " est une belle cheville. Ce qui précède ne peut se rattacher à ce qui va venir par un mot jeté là d'aventure. Boileau a dû le sentir, car il savait la difficulté des transitions heureuses. Il en fit Taveu à Racine, pendant la composition de la satire x"^^. Il écrivait d'Auteuil à son ami : ** C'est un ouvrage ** qui me tue parla multitude des transitions, qui sont, •* à mon sens, le plus difficile chef-d'œuvre de la *• poésie ("*). "
C'est beaucoup dire. Mais il parait que Boileau admirait comment La Bruyère avait su s'affranchir de la tyrannie des transitions. En mettant tout bonnement ses pensées, ses portraits, ses satires, à la ligne, La Bruyère avait évité, pour lui et pour les lecteurs, le tourment de ces liaisons factices.
Boileau donne, en prose comme en vers, Tépithète de ** dieu bizarre " à Phébus. Il écrit au comte d'Ériceira : ** Apollon est pour moi un dieu bizarre (^). ''