Ibid. — 1668, p
2. *' In nugis estille Musarum chorus et ApoUinis afflatus. '' (Z>Û5/r/. périp.^ic, 1661, p. 474.)
3. S. Louis. — Préf. 1658. (vers le milieu). — V. le chap. X (p. 250 et suiv.), du bel ouvrage ÉiuJe sur la vie et les ouvres du P, Le Moynk, par le P. H. Chérot, S. J. — Picard, 1887.
chrétien. Cela détruirait tout son plan. Pour lui en effet \ Iliade et XÊniide sont des œuvres chrétiennes, ou peu s'en faut, puisque pour lui, chaque divinité devient une vertu. D'après le P. Le Bossu •* les muses sont de ** tous les âges, de tous les pays et de toutes les reli- '* gions. Il y a des muses chrétiennes, comme des ** païennes; il y en a de latines.de grecques et de fran- '* çaises. Il y en a de nouvelles, qui commencent tous ** les jours de paraître (')•••" Mais qu'importe.»^ Les habitants de TOlympe et du Parnasse sont tous et toujours des vertus. Fénelon, pour qui ces mêmes divinités ne sont point d'honnêtes gens, se soumit pourtant à l'usage ; son Télémaque est une galerie de ces vieux portraits décrassés et rendus présentables ; et. tout en condamnant les personnages des fables, il aime ces fables comme La Fontaine aime Peau-cCAne ; il dit à La Motte : Je vous " abandonne sans peine les dieux " et les héros d'Homère " ; et à quelques lignes de là : " On redevient volontiers enfant, pour lire les aven- *' turesde Bauciset de Philémon, d'Orphée et d'Eury- ** dice (*). " Tout cela pour Fénelon, ce sont choses enfantines mais plaisantes. Il ne se prononce pas plus ouvertement que sur la question des anciens et des modernes. Fénelon est des deux partis. Segrais représente aussi le parti mitoyen : ** Nos poètes chré- ** tiens ont établi leurs fictions sur la base de notre foi. *• Peut-être auraient-ils mieux fait d'examiner si notre " religion n'est point trop sainte pour employer ses ** mystères en des choses qui ne peuvent répondre à ** leur sublimité. Mais, outre qu'il n'est pas de mon " sujet d'approfondir cette question, je ne suis pas *' assez téméraire pour m'opposer au sentiment de ** tant de grands hommes, qui ont cru sanctifier la
I. Traité du poinu épique^ 1675, P- 3* S etc. — 2. 22 Nov. 1714.
* poésie, en la détachant d'une religion profane, pour ' Punir à la véritable religion.
** Je vois néanmoins, par Topinion la plus générale, ' que les imaginations qui se ^ont appuyées sur la
* supposition des dieux de la fable, plaisent et touchent ' davantage, que celles où nous faisons agir les Anges
* et les Saints... " (Virgile était plus fort que Chape- ' lain.)
" Quelques modernes ont voulu mettre les enchan-
* tements en la place de cette machine poétique ; et il ' faut du moins avouer qu'ils ont été plus raisonnables
* que ceux qui n'ont voulu ni dieux, ni anges, ni saints,
* ni enchantements (*). "
En résumé, le vrai défenseur dogmatique des divinités du Gradus ad Parnassum, c'est Boileau.
Santeuil pénitent, puis relaps, se laissa convertir par Bossuet. On connaît cette histoire; mais c'est le lieu de la répéter, pour compléter nos documents. Bossuet ne pouvait pas s'amuser à ces niaiseries. Il aimait le génie d'Homère, comme nous le dirons plus bas ; maïs les friperies du Parnasse ne pouvaient plaire à ce haut esprit, qui ne se servait de la parole que pour la pensée et pour la vérité. Dans son Traité de la Concupiscence, il s'attaque vigoureusement aux ** poètes et beaux esprits chrétiens " de son siècle : ** La religion n'entre pas ** plus, dit-il, dans le dessein et dans la composition de ** leurs ouvrages que dans ceux des païens ('). " Toutefois, comme pour certains beaux esprits le style mythologique était devenu presque une seconde langue, Bossuet se sentait forcé de leur faire grâce; non sans peine ; il avait horreur de ces guenilles. — " Il est vrai, ** Monsieur, écrivait-il à Santeuil, en 1690, que je