‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 192 sur 236 · X-'ART POÉTIQUE · texte numérisé non relu

X-'ART POÉTIQUE

temps de Malherbe. Saint François de Sales détestait aussi les fictions païennes. II félicita le dit poète d'avoir su ** heureusement transformer les muses païennes en •' chrétiennes, pour les ôter de ce vieux profane Parnas- '* se, et les placer sur le nouveau Calvaire ('). "

Vauquelin, vers le même temps que TEvêque, livrait la guerre aux fantômes de l'Olympe adorés par la Pléiade :

" Les vers sont le parler des Anges et de Dieu ;

" La prose, des humains. Le poète, au milieu,

" S'élevant jusqu'au ciel, tout repu d'ambroisie,

'* £n ce langage écrit sa belle poésie.

" Plût au ciel que tout bon, tout chrétien et tout saint,

" Le français ne prît plus de sujet qui fût feint !

" Les Anges à milliers, les âmes éternelles,

" Descendraient pour ouïr ses chansons immortelles (*). "

Boileau a pris tout le contre-pied de son devancier, et formulé des vœux absolument opposés. Boileau triompha, parce qu'il avait pour lui la force de ses vers et l'autorité de sa gloire. Mais par un contraste singulier et malheureux, à peu près tout l'arrière-ban des gens de lettres batailla contre cette théorie anti-chrétienne et antipoétique. Presque tous les poètes de second et troisième ordre s armèrent en croisade contre les légions de Flore et de Pomone. On Ta dit avant nous : La cause était excellente ; elle ne fut gâtée que par les avocats.

On a fait honneur à nos poètes du xix* siècle d avoir rendu la nature à Dieu, aux anges et à Tâme, malgré les cris désespérés du vieux Lacretelle et la vieille séquelle du siècle de Voltaire. Mais nos poètes épiques du XVII* siècle avaient tenté cette glorieuse entreprise. Malheureusement ils furent les Lacretelle et Boileau

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