‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 197 sur 236 · V. IHii.y p. 253, note; et p. 252, note · texte numérisé non relu

V. IHii.y p. 253, note; et p. 252, note

L'Angleterre prononça sur le Tasse le jugement même de Boileau. Addison écrivait, en 171 1, dans le Spectator: *' Je suis de l'avis de M. Despréaux, quun ** vers de Virgile vaut mieux que tout le clinquant du

" Tasse (0."

Naturellement on se plaignit en Italie du jugement

de Boileau. ** M. Maffei ... soutient que Boileau n'avait

** pas lu le Tasse, qu'il ne pouvait entendre: Cest^âxt-W,

*' ce que nia assuré M. Racine Caîné, son intime ami.

** Je puis assurer à mon tour (dit Racine Louis) que

** mon frère, qui, — après avoir passé en Italie assez

•' de temps pour entendre les finesses de la langue, —

** pensait du Tasse tout ce qu'en a pensé Boileau, n*a

'* pu dire à M. Maffei que Boileau n'entendait pas le

*' Tasse (')."

" Mais quoi que notre siècle à sa gloire publie,

La Jérusalem délivrée comme presque toute la littérature italienne eut grande vogue, au xvii* siècle. Voici, d'après Brossette (3), l'éloge qu'en faisait Balzac : " Balzac a dit que la Jérusalem délivrée est l'ouvrage ** le plus riche et le plus achevé que l'on eût encore vu " depuis le siècle d'Auguste ; et qu'en ce genre d'écrire, ** Virgile est cause que le Tasse n'est pas le premier, " et le Tasse, que Virgile n'est pas le seul. "

Le P. Rapin est aussi très élogieux, malgré ses restrictions : ** Le dessein le plus accompli de tous les ** poèmes modernes est celui du Tasse. — 11 n'est rien ** sorti de plus achevé de l'Italie, quoiqu'il y ait de " grands défauts dans l'exécution (f) ."

" Je chéris TArioste et j'estime le Tasse, "

écrivait La Fontaine à Tévêque d'Avranches.

I. Traité de la Pois, dram,^ ch.IX, § i". — 2. Note de la Sat, IX. 3. Réfiex. sur la Poét. etc. 2' Édit. 1675, p. 27.

M"* de Sévigné ne cache pas non plus sa prédilection pour \di Jérusalem. Et pourtant M"** de Sévigné ne raffolait point des poèmes épiques. Ils étaient si longs, et d'aucuns si grevés d'ennui ! La Marquise et sa fille préféraient tout bonnement les jolies fables de La Fontaine à ces grands récits et à ces longs discours des épopées ('). Elle s'explique sur tout cela, eh écrivant à M"* de Grignan qui lisait alors Homère et Cervantes: ** Si cette lecture (de don Quichotte) vous divertit, je •* vous exhorte à la continuer, sans préjudice de la •* colère di Achille, où vous êtes engagée. Je suiç fort '* de votre avis pour la préférence des fables sur le *• poème épique ; la moralité s'en présente bien plus ** vite et plus agréablement ; on ne va point chercher " midi à quatorze heures. Cela soit dit pourtant avec *• la permission du Tasse, que je ne puis oublier sans ** être une ingrate (')."

Le 23 juillet précédent elle écrivait, en dépit de Boileau : ** Le clinquant du Tasse m'a charmée. "

La Motte disait au commencement du siècle suivant : En fait de poètes épiques : " La plupart des savants ** donnent la préférence à Virgile, bien des gens la ** donnent encore au Tasse {^) ."

Ménage avait dit des vers du Tasse :

" Grandia magni carmina Tassi,

" Carmina divino proxima Virgilio (^). "

Segrais dit quelque chose de plus admirable encore à

1. M'"« de Grignan n'aimait point ces dieux et ces héros d'Homère ; elle y trouvait de " la feuille qui chante ". Son frère la grondait . " Ah ! pauvre esprit, vous n'aimez point Homère ! " • - La M'^ de Sévigné avouait à sa fîlie qu'elle aussi le goûtait assez peu : ** cependant, ajoutaitelle gaiement, il faut respecter le P. Le Bossu. " 23 Juillet 1677.

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