Disc, /, p. 104 et
L'ART POÉTIQUK.
les Naïades du Rhin, de la Meuse et de TYssel. era pas même mal k propos de faire écrire le u Rhin et la déesse de la Seine; il nous a ; qu'il pourra dire de belles choses sur les tes du monarque des lis, quand il ne prendrait ur sujet de sonÉpître que le fameux passage huis. " (1672, t. III, V. p. 94 et 95.) îleau écrivit son Épttre iv« et y raconta le pas- Folhuis, à peu près au moment où le Mercure î proposer ce sujet. Boileau dit qu'il tient son le Naïade du Rhin réfugiée dans la Seine ; et
de cette riante et profane peinture^ il plair les noms des villes allemandes, ce qu avait iercure ('). Est-ce que le Mercure serait la jui inspira Boileau?
.u dut avoir une heure joyeuse et " égayée " vieillesse, ou pour parler sa langue, aux apde la ** Parque inflexible ". Le poète La e, fit au moyen d'une ** riante peinture ", )se de Boileau, et le déclara dieu, au même
Neptune, Mercure et Momus. La Monnoye •phosa Boileau en Momus, pour le féliciter de leuse " satire de l'équivoque. Le satirique lieu fit tellement rire les dieux ses confrères in ** lui-même, que
' Tous, de concert, à la pièce applaudirent, ' Tous, hors Momus, qui, seul en tapinois ' S'alla cacher, laissant la confrairie ' Des immortels, proclamer d'une voix ' L'heureux Boileau dieu de la raillerie ('). "
n'irons point, par ** un faux zèle " enlever à
re (de par Apollon) de faire bonne provision de rimes sur le cein(k), sur Utrecht, Groningue et autres s'il se peut.... " ch,^ etc., t. Il, p. 198.
Boileau ce plaisir et cette gloire d'être une déité. Mais nous osons trouver que ce plaisir est bien fade, cette gloire bien fanée.
De chasser les Tritons de l'empire des eaux,
Un des premiers inconvénients de cette poésie fabuleuse, qui se fabrique beaucoup moins avec le génie qu'avec la mémoire, ce sont les erreurs faciles à commettre en histoire mythologique. LesTritons,par exemple, sontdes divinités aquatiques ; mais leur unique domaine est Teau salée. Racine, au temps de sa jeunesse, ignorait cette histoire naturelle d'un genre tout spécial. Aussi Chapelain, ** le vieux Chapelain", comme dit quelque part Mme de Sévigné,dut bien rire en voyant des Tritons plongés en eau douce par ce poète trop novice. Racine avait fait demander l'avis de Chapelain sur son Ode: La Nymphe de la Seine. — ** Chapelain découvrit un poète naissant ** dans cette Ode qu'il loue beaucoup; et, parmi quelques " fautes qu'il y remarqua, il releva la bévue du jeune " homme qui avait mis des Tritons dans la Seine. L'au- ** teur, honoré des critiques de Chapelain, corrigea son " Ode; et la nécessité de changer une stance,pour répa- " rer sa bévue,le mit en très mauvaise humeur contre les ** Tritons, comme il apparaît par une de ses lettres(')."
Santeuil cependant (est-ce avant ou après sa conversion }) entendit, en vers latins, le chant des Tritons sur les côtes de France et à l'embouchure de nos fleuves :
" Les Tritons que Ton voit sur les côtes de France
** Font retentir Tair de leur sons ; " Et des bords de la Seine aux bords de la Durance,
" Vole le bruit de leurs chansons (") *\
Des chants de Tritons en eau doude, ou seulement à demi-salée !