I. Afém, de Louis Racine , etc. — 2. Op.poet.y p
>'ôter à Pan sa flûte, aux Parques leurs ciseaux, y empêcher que Caron dans sa fatale barque, Llnsi que le berger ne passe le monarque ; •'est d'un scrupule vain s'alarmer sottement,
demeure d'accord, que ce serait une sottise de ir bannir ces sottises d'un sujet profane, comme ous les ouvrages où le poète parle en païen, nt toujours les dieux, au lieu de parler de Dieu. (M. Despréaux) appellera-t-il un su]tx. profane^ 1 il parle à un roi très chrétien, dont la personne crée, et quand il veut célébrer une de ses gran- Lctions, comme est le passage *du Rhin ? et :e s'alarmer sottement que de Tavoir blâmé, pour introduit le dieu du Rhin s'opposant au passage
demeure donc qu'il ne faut pas parler en païen sujet chrétien, et ainsi il justifie entièrement ^me de Clovis ; et il se condamne d'avoir parlé ïen au roi, en célébrant son fameux passage du , puisque ce n'était pas un sujet profane ; la nne à qui il parlait et dont il parlait étant e C). "
emment, même en ce sujet profane, il serait e de parler comme l'histoire, en faisant passer du Rhin sur des chaloupes de cuivre. Mais uer Louis XIV, roi de France et de Navarre ityx, dans la barqtie à Caron] c'eût été une ridîsotte caricature, même sous le règne des divijmériques.
narets.
lad/f.yp. 93-4.
CHANT m.
"Et vouloir aux lecteurs plaire sans agrëxnent. "
Dans rhypothèse qu'il n'y a point d'autres agréments que ceux-là, Boileau raisonnerait à ravir. Boileau revient toujours à sa théorie des agréments surajoutés ; ou plutôt il en reste là.
*' Bientôt Us défendront de peindre la prudence, " De donner à Thémis ni bandeau, ni balance,
Trois ans plus tard, tout cela était encore permis : car Boileau usait de ces figures pour louer Lamoignon :
" Thémis, pour voir clair, a besoin de tes yeux ('). "
Il chantait en même temps cette " Hippocrène " de Bâville, près de laquelle il attendait que " Cérès fit " place à Pomone ", et mettait à profit " les jours que '' la Parque lui filait ('). "
Longtemps auparavant, le poète Chevreau avait éprouvé les craintes ici formulées par Boileau. Il avait écrit à La Mesnardière, au sujet d'un auteur qui voulait •* étouffer " les noms des divinités allégoriques : ** N'est-il plus permis de nommer les Pâles Couleurs.on ** la Fièvre, parce que ces maladies ont été déifiées, ** aussi bien que la Santé ? Serons-nous ennemis par " cette raison du Ris.à^ la Paix, de la Piété, etc ?...(^) " Tout cela ne prouve rien. On peut se servir de ces termes, sans les diviniser.
" De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain ;
*' Encore s'il eût mis Bellone, et non la Guerre, dont ** on n'a jamais fait une déesse ! (*) "
I. Èp, VI, 136. — 2. Ibid. — 3. Œuv» mt^lées, v. p. 347. — 4. Desmarets, La déf, etc., p. 94,
L'ART POéTIQUK.
i le Temps qui s'enfuit une horloge à la main,
figure du Temps avec son horloge est une de li ont le plus " égayé " les modernes adver- : la fable. Desmarets demande à Boileau s'il i " dans Homère ou dans Virgile ('). "
Et partout des discours, comme une idolâtrie, Dans leur faux zèle iront chasser l'allégorie I
à de grandes pertes que font les poètes, qui duisent point de fausses divinités !...
)ourquoi accuser les poètes chrétiens de chaslégorie, puisque leurs poèmes sont pleins de qui sont raisonnables {f) ? " LU ne connaît qu une sorte d'allégories, comme ; qu'un genre d'agréments. Son siècle fut celui forie ; elle habitait Versailles, les parcs de Le -,es ballets de la cour, les décorations des châyaux ou princiers, la peinture, la poésie légère, es dont il se faisait grande dépense, avaient un perpétuel aux allégories de la fable. L'allégohissait tout. Je la retrouve jusque dans les mces chrétiennes. Voici en effet un projet de tifice^ tel que je le lis chez le P. Cl. J. Ménestrier : L canonisation d'un saint, on pourrait reprél'entrée glorieuse d'Hercule dans le ciel parla le lait, après les pénibles travaux qu'il eut s ; et Ton pourrait représenter après lui des s, chargés des dépouilles qu'il avait rempor- [ui les placeraient dans le ciel pour servir de
arets, /^., p^ 94.
CHANT m.
** constellations. Ce serait la marque des bonnes œu-
*' vres d'un saint qui n'a travaillé que pour le ciel (*). "
Serait-ce vraiment faire grand honneur à un saint,
que de le comparer à Hercule ?
" Laissons-les s'applaudir de leur pieuse erreur ;
" L'opinion de ceux qui bannissent les faux dieux *' des poèmes chrétiens n'est point fondée sur \^ piété, " ni sur la dévotion, mais sur la seule raison ; — de " quoi même tout impie doit demeurer d'accord, pour- " vu qu'il lui reste quelque peu de jugement ("). "
** Il ne faut pas dire qu'un poète parmi nous fait par ** MVi^ pieuse erreur, ce qu'il fait par la seule raison, et ** par bon jugement; — parce qu'il n'y a point de " poésie héroïque, si Xt,"^ fictions n'en sont fondées sur " le vraisemblable, qui a son fonds unique sur la vérité " des choses surnaturelles que nous croyons.
" Saint Grégoire de Nazianze qui est un excellent ** poète grec, a mêlé des fictions parmi les grands " mystères qu'il a traités. Il ne l'a point fait par une ^^ pieuse erreur, mais par raison. Et les choses que nous *' croyons sont si grandes par la toute-puissance du " seul Dieu et par les grandes merveilles qu'il a faites, " — et qui donnent de si grandes idées pour en feindre " de pareilles — qu'il n'y a rien dans les fables qui * puisse approcher de leur grandeur et de leur " beauté {^). "
" Mais pour nous bannissons une vaine terreur ;
" Et fabuleux cbrëtiens» n'allons point, dans nos songes,
Les premières éditions de XArt Poétique, au lieu de ce dernier vers, portaient :
I. La conduiU des feux tPariiftce, Édit. de 1660, p. 16. — 2. Desmarets, La dé/, etc., p. 94. — 3. Desmarets, La déf, etc., p. 88-9.
" Et n'allons point parmi nos ridicules songes, " larets souligna ainsi l'absence d'hémistiche : elle césure ! Un tel poète doit-il s'ériger en :ur de poésie {') ! "
au se corrigea {'). Ce n'était point par un "scru- ■ain ", ni par " une vaine terreur ", que les s du merveilleux chrétien chassaientles Tritons :, et l'Olympe du royaume de Poésie. Ils s'inspie motifs plus respectables, plus vrais, et moins je leurs adversaires.
lu Dieu d« v^rlt4 faire ua Dieu de.roensonges.
lu a triplement raison d'affirmer et de répéter : l'on ne doit point faire agir le Dieu de vérité, les poètes païens faisaient agir les dieux de /es, à leur fantaise, " ex machina " ; l'un auteur ne peut pas, dans un sujet chrétien nême temps chrétien et " follement idolâtre " ; le dans un poème imité des païens, un auteur 1 dit " nous ") ne saurait employer les fictions «chrétiennes. Userait vraiment un " fabuleux
encore une fois Boileau laisse de câté une lestion; il néglige le cas où nous envisagerions ;1 sujet autrement que " dans nos songes ", nt qu'avec une mémoire remplie d'Homère ou , Nous pouvons voir ces sujets, par exemple, e choisirent le P. Le Moyne, Desmarets, Cha- Lvec les yeux d'une foi éclairée, et dans la i^t alors sans "vain scrupule", comme aussi aine terreur ", nous pouvons chanter les meru Dieu de vérité et des héros de la France.
Un poète, qui, refaisant le poème de la Pucelle, rappellerait les *' Voix célestes " de Jeanne d*Arc, ne serait pas un fabuleux chrétien.
Le songe, ou mieux les deux songes d'Athalie sont à!&& fictions : font-elles injure au Dieu de vérité, à la foi, à la poésie ? Évidemment non ; et Boileau luimême fut ravi de ce poème sacré qui s'appelle Athaiie.
'* X^ fable oflnre à l'esprit mille agréments divers ;
" Là, toiis les noms heureux semblent nés pour les vers :
*' Ulysse, Agamemnon, Oreste, Idoménée,
'* Hélène, Ménélas, Paris. Hector, Énée.
L'harmonie de ces noms heureux est un bien petit côté de laffaire ; comme s'il n'y avait aucun nom agréable dans l'histoire du " peuple de Dieu " ou du peuple deFrance.** Hé quoi! s'écriait l'abbé de MaroUes " (en 1662), Abraham, Joseph, Moïse, Josué, Samson, '* Gédéon, Jephté, David, Salomon, les Machabées, et '* tant d'autres, sont-ils inférieurs aux héros de la " Grèce ?... D'ailleurs n'avons-nous pas des Constan- " tins, des Clovis, des Charles, des Louis et des Hen- ** rys (*) ? " Par ailleurs, l'harmonie qui flatte ici l'oreille de Boileau vient en grande partie de la prononciation française. La Motte raille avec assez d'à-propos certains enthousiastes qui se laissent ravir par la douceur des syllabes homériques. A cela il n'y a qu'un malheur, c'est qu'en les entendant lire \ Iliade, Homère aurait cru entendre une langue barbare et inintelligible : *' Les " autorités avaient disposé leur esprit à trouver tout " excellent. La pensée, le tour, l'arrangement des mots, " tout les charmait ; — jusque-là qu'en prononçant les " vers de \ Iliade ou de \ Odyssée, ils se passionnaient " sur leur harmonie, qui peut-être, dans leur bouche,