I. Réflex. vi« sur Longin. — 2. Dif, des beaux esp,, p
L'aKI ICÉTlQi K. — II.
Non ; mais le trait de Boileau est plaisant et vient tout naturellement à l'esprit.
Saint-Amant n'est généralement pas heureux quand il parle des poissons, ces ** rapides muets ", ces " nageurs écaillés'*, qui tiennent une large place dans son Idylle héroïque. La scène de la pêche à la ligne dans le Nil est assurément l'une des plus curieuses, mais aussi des plus grotesques de tout le poème ; (*) malgré de détails jolis, comme par exemple, lorsque le petit Moïse
*' A l'argent du poisson joint les lis de ses doigts. "
" Peint le petit enfant qui va, saute, revient, " Et Joyeux à sa mère offre un caillou qu'il tient. " Sur de trop vains objets c'est arrêter la vue.
Voici les vers de Saint- Amant :
" Là, le noble cheval bondit et prend haleine, " Où venait de souffler une lourde baleine.
*^ Là, passent à pied sec les bœufs et les moutons, " Où naguère flottaientles dauphins et les thons.
'* Là, l'enfant éveillé, courant sous la licence " Que permet à son âge une libre innocence, " Va, revient, tourne, saute ; et par maint cri joyeux " Témoignant le plaisir que reçoivent ses yeux, '' D'un étrange caillou qu'à ses pieds il rencontre " Fait au premier venu la précieuse montre ; *' Ramasse une coquille et, d'aise transporté, " La présente à sa mère avec naïveté ('). "
L'excuse de Saint-Amant, auprès de ceux qui en voudraient accepter une, est, nous Tavons déjà insinué, dans le titre et dans le fond même de son œuvre. Le- Moïse n*est point une Épopée, mais une Idylle héroïque. Boileau lui fait Thonneur de la traiter en
Poème épique, pour mieux en rire. Ce n'est pas juste.