‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 209 sur 236 · I. VIP p. — 2. Édit. de 1660, V. P., p · texte numérisé non relu

I. VIP p. — 2. Édit. de 1660, V. P., p

" Donoez à votre ouvrage unejuste étendue.

Pour La Motte, les meilleurs Poèmes épiques sont ceux qui ont le moins détendue. Voilà pourquoi il a réduit Y Iliade à douze chants : '* Je me suis proposé, en mettant V Iliade en vers, de donner un poème français qui se fit lire ; et je n'ai compté d'y pouvoir réussir, qu'autant qu'il serait court, intéressant, et du moins exempt de grands défauts.

^' Entre plusieurs raisons, ce qui a fait tort à nos français, c'est la longueur. Une émulation mal entendue a trompé les poètes. Ils ont voulu courir une carrière aussi longue que celle d'Homère et de Virgile, comme s'ils avaient craint de ne pouvoir entrer en comparaison avec eux, que par des ouvrages d'aussi longue haleine que Y Iliade et que \ Enéide, C'est de cette émulation imprudente, que sont nés : La Pucelle, Clovis, Saint-Louis, etc ; poèmes allongés, dont on ne saurait achever la lecture, qu'en se raidissant contre l'ennui, et que l'on n'est jamais tenté de relire ('). " La Motte ne connaît qu'un poème français, de longue haleine, dont la lecture soit supportable. Ce poème unique est l'œuvre de Despréaux, œuvre à laquelle Despréaux a su donner ** unejuste étendue ".

— ** Il n'y a de poème français que le Lutrin qui ** se lise. Et, quoiqu'il ait sur les autres l'avantage ** d'une élégance continue, je suis persuadé que c'est ** encore un de ses agréments de n'avoir que six livres, ** dont le plus long n'a pas trois cents vers ('). "

Que dire des trente mille vers de La Ptuelle ! D'après le calcul d'un homme d'esprit, un poème épique est un ouvrage de douze mille alexandrins ;

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