‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 211 sur 236 · I. La déf, des />'. Esp.^ p. il et · texte numérisé non relu

I. La déf, des />'. Esp.^ p. il et

'* quoi (Despréaux) appelle-t-îl crier (Tune voix de ton- ** nerre^ d'avoir dit :

" )e chante le vainqueur des vainqueurs de la terre^

" qui est de M. de Scudéry? puisque ce vers est beau ** et n'a nulle enflure ('). "

Et Pradon : *' Je ne vois pas la raison qui fait con- *' damner ce vers à M. D***. Il est beau et bon, et " bien meilleur que celui qu'il nous propose (').

Enfin Perrault fait tenir ce dialogue entre le Chevalier et l'Abbé de son parallèle. Il ne faut pas oublier que l'Abbé personnifie Perrault lui-même :

** Le Chevalier. Blâmez-vous M. de Scudéry d'avoir ** commencé son Alaric, comme il a fait : /e chante le ** vainqueur des vainqueurs de la terre f

*' L'Abbé. Bien loin de le blâmer, je ne saurais trop ** le féliciter sur la beauté de ce premier vers, qui dit ** si bien, si noblement et d'une manière si digne d'un ** poème héroïque le sujet de tout l'ouvrage. Les ** Romains étaient les vainqueurs du monde; et un " poète, ayant à louer le prince qui les a vaincus, pou- ** vait-il mieux entrer en matière? Où est cette voix de " tonnerreo^oxi veut qu'il ait prise mal àproposdans ce ** premier vers ? S'il y avait quelque épithète ambitieuse " dans ce début, la critique serait supportable; mais il " n'y en a aucune. C'est une simple et très simple expo- ** sition du dessein de l'ouvrage, contenue en un seul ** vers. 11 est vrai que ce vers fait plaisir à entendre, '* et par l'heureux choix des paroles dont il est composé, ** et par le grand sens qu'il renferme. Mais où est en ** cela la moindre matière de reproche {^) ? "

Boileau répond. Il consacre même à cette réponse

I. La défense du Poème hér^ p. 95.- 2. Nouv, Rem,;^, 95. — 3. ParalL^ 2«édit., t. III, p. 270-271.

CHANT ni.

toute la Réflexion II' sur Longin, Il convient que le vers de Scudéry est bon ; seulement ce bon vers n est pas à sa place.

•* Ce vers est assez noble, et est peut-être le mieux * tourné de tout son ouvrage. Mais il est ridicule de ** crier si haut, et de promettre de si grandes choses •* dès le premier vers. Virgile aurait bien pu dire, en ** commençant son Enéide : fe chante ce fameux héros, ^' fondateur cC un empire^ qui s est rendu maître de toute ** la terre. On peut croire qu un aussi grand maître ** que lui aurait aisément trouvé des expressions pour ** mettre cette pensée en son jour. Mais cela aurait ** senti son déclamateur. Il s'est contenté de dire : fe " chante cet homme rempli de piété y quiy après bien des ** travaux, aborda en Italie. Unexordedoit être simple " et sans affectation (')...

"Un exorde ne doit point trop promettre; et c'est " sur quoi j ai attaqué le vers ^Alaric; à l'exemple " d'Horace, qui a aussi attaqué dans le même sens le " début d'un poème d'un Scudéry de son temps qui " commençait par :

Fortunam Prtami cantabo et nubile belîum ;

"/f chanterai les diverses fortunes de Priam, et *' toute la noble guerre de Troie. Car le poète par ** ce début, promettait plus que V Iliade tt V Odyssée tn- " semble (')..."

Tout ce passage de VArt Poétique est un commentaire de la Lettre aux Pisons : v. 136 et seqq.

" Nec sic incipies,.. "

1. Traduction en prose du vers : Que U iiéhuf soit simfile et n^ait rien ftaffecté,

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