‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 212 sur 236 · R éfl. sur Longin · texte numérisé non relu

R éfl. sur Longin

'* Que produira l'auteur après tous ces grands cris ? '* La montagne en travail enfante une souris.

" Parturiunt montes^ nasutur ridicuîus mus, "

La Fontaine a fait une fable de ce vers. La fable n'est pas des meilleures; mais la morale est une bonne critique des exordes à fracas, qui font grand bruit à propos de rien :

" Je me figure un auteur,

" Qui dit : yîf chanterai la guerre " Que firent les Titans au maitte du tonnerre! " C'est promettre beaucoup; mais qu'en sort-il souvent?

" Du vent (0- "

Vauquelin avait condamné, comme Horace , ces promesses emphatiques et avait réduit le rat à une mouche:

" Une mouche en naîtra dont les gens se riront. "

Suivant sa coutume, il reportait l'application du précepte antique sur un moderne, sur un Scudéry de son siècle : Le poète, dit-il, ne doit pas enfler sa voix et sa veine épique :

** ... Comme a fait celui, qui, tout plein de bravade, " Voulut du premier mot router (*) une Iliade : ^^ Je chante les combats de ce grand Pharamond^ " Qui les Gaules jadis boulversa contremont (3). "

Oh I que J'alxne bien mieux cet auteur plein 4'adresse Qui, sans faire d*abord de si haute promesse, ** Me dit d'un ton aisé, doux, simple, harmonieux : " Je chante les combats et cet homme pieux '* Qui, des bords phrygiens conduit dans l'Ausonle, '* Le premier aborda les champs de Lavlnle.

Desmarets par hasard réclame ici en faveur de Virgile : * * Comment ose-t-il ( M . Despréaux) nous présenter

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