‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 213 sur 236 · I. Fab,y Liv. V. — 2. £ructare. — 3. L. II · texte numérisé non relu

I. Fab,y Liv. V. — 2. £ructare. — 3. L. II

*' pour un vers d*un ton aisé, doux, simple, harmo- " nieux. Je chante les combats et cet homme pieux, etc. Il '* n'y a rien de si piteux que cet homme pieux. Car *' homme n'est pas égal à la force du virum de Virgile ; '* et il devrait traduire X^fato profugus, mais il nen a ** pas la force ('). "

^, Pradon renchérit d'un mot : "Cet homme //^«r est *' h\^n pitoyable (/){'). "

Carel n*est pas plus tendre mais beaucoup plus prolixe : ** Art. IV. De la traduction des deux premiers vers (de Virgile.): ** Il (Despréaux) s'est mêlé d'interpréter ** ces vers en français ; mais d'une si misérable manière " que, si Virgile les eût composés en latin de la même " sorte, il aurait donné une très mauvaise opinion de " lui.

** Oh ! que f aime bien mieux cet auteur plein ^ adresse ^

** Il parle de Virgile, et il nous apprend que c'était *• un personnage fort adroit, sans nous dire à quoi... " Si le censeur eût parlé d'Ulysse, le vers y fût venu ** le mieux du monde : ce héros plein (T adresse .. . Que ** voulez-vous ? cet excellent interprète avait besoin de ** faire rencontrer quelque mot avec promesse; propre, ** ou non propre, que s'en soucie- t-il ? Le bourgeois n'y " prendra pas garde.

" Qui, satisfaire et abord de si fiaute promesse,

** La langue française ne souffre point <\\xe promesse ** puisse être mise là au singulier. Oui bien : Il a fait

1. La défense, etc., p. 95 et 9Ô. Boileau tout en imitant Horace dans cet alinéa, laisse de côté Texemple de TOdyssée, donné par son modèle. Voici comme l'avait traduit le bon Vauquelin :

" Muse, dis- moi celui qui tant a voyagé

** Après Ilion pris et son mur saccagé ;

'* Pratiqué tant de mœurs et tant d'âmes diverses,

" £t souffert tant de maux dessus les ondes perses. " L. H.

2, Nûuv. Rem»^ p. 95.

** une haute promesse; il a fait un grand serment. Mais " quand l'article (sic) de précède, il n'y a que le pluriel ** qui puisse suivre. Il a fait de grands serments, c'est " parler français. Il a fait de grand serment, c'est un " baragouin."

" Me dit (Tun ton aisé^ doux^ simple^ harmonieux, "

Carel trouve que Boîleau a eu tant de peine à remplir son vers, qu'il a été ** contraint d'avoir recours à " quatre ou cinq épithètes ".

^^ Je chante les combats et cet homme pieux,

** D'avoir introduit Virgile tout couvert de haillons,

* et dans le plus piteux état où Mévius pouvait être

* représenté, c'est ce qui doit exciter, je ne sais si je

* dois dire l'indignation, ou la risée.

** Nous n'en voulons point à la première partie du

* vers ; elle exprime fort bien : ai^ma cano. Aussi n'est-

* elle pas de lui ; il l'a empruntée de M. l'abbé de Ville-

* loin. Mais la seconde partie : Cet homme pieux est

* tout à fait pitoyable. Ceux qui sont nés en ces choses-

* là le reconnaissent d'abord à la prononciation, sans

* autre raisonnement... (') " Carel propose :

"yjf c/ianii les combats et ce noble vainqueur; "

puis aligne quatre pages de prose, pour établir que chaque terme du second hémistiche de Despréaux est inepte. Passons.

" Qui des bords phrygiens conduit dans PAusonie, " Le premier aborda les champs de Lavinie.

»* Quel galimatias ! Il semble d'abord que c'est Énée ** qui va conduire quelque part un nombre de bra.v

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