‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 223 sur 236 · I. La déf, etc., p. 96. — 2. Remarques^ etc., p · texte numérisé non relu

I. La déf, etc., p. 96. — 2. Remarques^ etc., p

3. Le hibou des fables de Fénelon connaissait bien cette ceinture : " J'ai sacrifié aux grâces, Vénus a mis sur moi sa ceinture dans ma nais- " sance ". (Fable x.)

d* Homère en se servant des rimes de VAri Poétique :

'* Vénus lui donne alors sa divine ceinture,

*^ Ce chef-d'œuvre sorti des mains delà nature ('). "

Suivant Brossette, " cette fiction est une des plus •* belles d'Homère ; et l'application heureuse qui lui en ** est ici faîte est une des plus fines louanges qu'on *' puisse jamais lui donner. "

Cette allusion est en effet la seule louange spéciale et personnelle dont Boileau salue Homère en cet endroit. Les vers qui suivent ne contiennent que des généralités passablement versifiées. Mais je ne puis souscrire au jugement ainsi formulé par Desmarets : ** Il (Boileau) dit des merveilles d'Homère, dans le *' seul dessein de détruire celui qui en a marqué les ** défauts en son traité des poètes grecs, latins et fran- *' çais (') ; et lui-même il fera voir dans son traité de '' Longin cinq ou six pages des ridicules inventions ** d'Homère, qu'il appelle enfin badineries (3). "

" Son livre est d'agréments un fertile trésor; " Tout ce qu'il a touche se convertit en or.

Brossette rapproche ce dernier vers de ceux qu'Ovide fait prononcer par Midas {Métam. L. xi) :

"... Quidquid " Corpore coniigero^ fulvum vertatur in aurum, "

Boileau adressa au traducteur portugais de sa Poétique un compliment identique à celui qu'il décerne au chantre d'Achille : " Tout ce que vous maniez se ** change en or... ; " vieille formule.

Boileau développa la même pensée au sujet d'Homère dans sa Réflexion ix* sur Longin. Il s*escrime à

I. IL, L. VII.-- 2. Celui-là, c'est Desmarets. (Voir plus bas, vers 328.) — 3. La dif, etc., p. 97.

prouver, contre Perrault, qu'il n'y a chez Homère rien de bas, ni de vulgaire et il censure vivement ledit Perrault d'avoir, par sa traduction trop bourgeoise, changé en fumier For d'Homère. Citons deux ou trois phrases:*' Il (Perrault) explique partout le mot de ' 'xtîç, qui est fort noble en grec, par le mot de cochon ' ou de pourceau, qui est de la dernière bassesse en

* français. Au lieu qu Agamemnon dit ^^ Egiste le fit

* assussiner dans son palais, comme un taureau quon

* égorge dans une étable, il met dans la bouche d' Aga-

* memnon cette manière de parler basse : Êgiste me 'fit assommer comme un bœuf. — Au lieu... de tra-

* duire Junon aux yeux grands et ouverts, qui est ce

* que porte le mot powmç, il le traduit selon sa racine : 'Junon aux yeux de bœuf. "

Boileau se révolte, en face de ces crimes énormes de lèse-majesté homérique ; il soutient unguibus et rostro que chez Homère tout est nx^ble, qu'Homère a vraiment converti en or tout ce qu'il a touché ; même le ** boudin " d'Ulysse.

** Tout reçoit daas ses mains une nouvelle grâce ; I

** Homère, écrit le P. Rapin, est agréable jusque ' ** dans la description de la cabane du porcher de *' Laërte, dans son Odyssée ('). "

*' Partout il divertit, et Jamais il ne lasse.

'* Et toutefois chacun a reconnu qu'il n'y eut jamais ** un si ennuyeux narrateur ('). "

Telle est l'opinion de Desmarets. Chacun n'a point \ reconnu la même chose ; mais Desmarets ne fut pour- \

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