‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 226 sur 236 · Bol, LXVIII · texte numérisé non relu

Bol, LXVIII

2. Cf. H. Rigault, Hist de la querelle des Ane, et des Mod., p. 200.

soin, pour la gloire d'Homère, de retrancher ces adjectifs et façons de parler oiseuses. ** Elle transige, '* dit M. Rigault, avec les épithètes homériques et ** dépouille Apollon de ses flèches, quand il s'avise i '' trop souvent de lancer au loin les traits. Chez elle, \ ** Achille n'a plus s^s pieds légers, ni Junon ses bras " divoire, ni Minerve ses yeiix bleus ('). " La traduction de la dame savante serait, de ce chef, bien insuffisante aux candidats de nos examens modernes.

Segrais revendique pour Virgile cet avantage de courir à l'événement ; par la même occasion, Segrais i marque la raison philosophique de ce mérite propre, selon lui, à tous les grands esprits : '' Cette précipi- ** tation d'arriver à la fin est une des plus grandes ** marques d'un esprit profondément savant. Les plus ** grands hommes sont ceux qui aiment le moins à

'' parler (»). "

" Aimez donc ses écrits, mais d'un amour sincère ;

Boileau eut cette sincérité à l'égard d'Homère. Cizeron- Rival le prouve par l'anecdote suivante :

* Dans le temps de la dispute sur le Parallèle des

* Anciens et des Modernes, M. Despréaux se prome-

* nait un jour avec M. Brossette dans son jardin

* d'Auteuil, et l'on parla beaucoup d'Homère, que ' M. Despréaux mettait au-dessus de tous les autres

* poètes. M. Brossette, se tournant tout d'un coup et

* le regardant en face, lui dit d'un air fort affectueux :

* Ça, Monsieur, dites-moi la vérité sans déguisement.

* Nous sommes seuls et je ne révélerai point votre

* secret. Homère est-il bien digne de la réputation

* qu'il a. et ses poésies sont-elles aussi belles qu'on le

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