‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 23 sur 236 · vu de Malherbe par Racan, — Œuvres (U Roc, I, p · texte numérisé non relu

vu de Malherbe par Racan, — Œuvres (U Roc, I, p

sonnet était dans les belles-lettres le dernier et le

* suprême effort de Yesprit humain. Crédite, post^rt/

* Cependant je ne feindrai point de m en rapporter

* à ces grands auteurs des Pucelles et des Moyses, des ' Saint-Paul et des Saint-Louis, des Clovis et des

* Alarics. Ce n'est pas certes que dix excellents vers

* épîgrammatîques ne me semblent préférables à une ' centaine de traînants et de médiocres de quelque

* grand et vaste poème que ce soit.

** Mais à considérer poème pour poème, et les

* mettre en égale balance, n est-ce pas vouloir égaler

* des mines de cuivre et de plomb à des mines d'or, ' des étincelles à des brasiers et des chandelles de cire ' au flambeau du soleil (') ? "

Saint- Amant, dans sa Pétarade aux Rondeaux, diV^h décerné au rondeau la gloire dont Boileau décore le sonnet sans défaut :

** Odes sans pair, doux et graves sonnets, " Vous n'êtes plus que chants à sansonnets ; ** Un seul rondeau vaut un pohme épique ("). "

Lequel des deux poètes a raison ? L'un et l'autre, autant l'un que l'autre.

La cause de l'étrange importance accordée par Bofleau à ces quatorze vers est connue. Ce jeu poétique était une des grandes petites choses de l'époque ; et tout ce qui savait aligner deux vers devait, au moins une fois en sa vie, avoir tourné un sonnet. A la fin de ce chant 11^, Boileau nous montrera l'apprenti-poète, ne pouvant plus dormir, **qu'il n'ait fait un sonnet". Toute la gent parnassienne, depuis Corneille jusques à Cotin, a laissé quelques-unes de ces minces merveilles.

Il y eut même une émeute littéraire, presque une

Page 1