vu de Malherbe par Racan, — Œuvres (U Roc, I, p
sonnet était dans les belles-lettres le dernier et le
* suprême effort de Yesprit humain. Crédite, post^rt/
* Cependant je ne feindrai point de m en rapporter
* à ces grands auteurs des Pucelles et des Moyses, des ' Saint-Paul et des Saint-Louis, des Clovis et des
* Alarics. Ce n'est pas certes que dix excellents vers
* épîgrammatîques ne me semblent préférables à une ' centaine de traînants et de médiocres de quelque
* grand et vaste poème que ce soit.
** Mais à considérer poème pour poème, et les
* mettre en égale balance, n est-ce pas vouloir égaler
* des mines de cuivre et de plomb à des mines d'or, ' des étincelles à des brasiers et des chandelles de cire ' au flambeau du soleil (') ? "
Saint- Amant, dans sa Pétarade aux Rondeaux, diV^h décerné au rondeau la gloire dont Boileau décore le sonnet sans défaut :
** Odes sans pair, doux et graves sonnets, " Vous n'êtes plus que chants à sansonnets ; ** Un seul rondeau vaut un pohme épique ("). "
Lequel des deux poètes a raison ? L'un et l'autre, autant l'un que l'autre.
La cause de l'étrange importance accordée par Bofleau à ces quatorze vers est connue. Ce jeu poétique était une des grandes petites choses de l'époque ; et tout ce qui savait aligner deux vers devait, au moins une fois en sa vie, avoir tourné un sonnet. A la fin de ce chant 11^, Boileau nous montrera l'apprenti-poète, ne pouvant plus dormir, **qu'il n'ait fait un sonnet". Toute la gent parnassienne, depuis Corneille jusques à Cotin, a laissé quelques-unes de ces minces merveilles.
Il y eut même une émeute littéraire, presque une