I. Ibid., p. 51. — 2. Œuv, Éd. Livet, I, p
Fronde, en 1638, .à propos de deux Sonnets. Cette querelle, où il se versa plus d'encre que de sang, et où les armes furent les concetti, s'appelle dans l'histoire querelle des Uranistes et des Jobelins, Voiture avait rimé leSonnetd'Uranie, Benserade celui de Job. Lequel des deux était le meilleur ? De là deux camps, et une guerre : ** Ce sont Guelfes nouveaux et nouveaux *' Gibelins", écrivait Corneille dans un sonnet contre la querelle des sonnets(*). Les Uranistes avaient pour partisans la duchesse de Longueville et les marquises de Montausier et de Sablé. Les Jobelins avaient pour capitaine le Prince de Conti. C'est à lui qu'on attribue la gloire d'avoir rétabli la paix, grâce à ce jugement porté sur les deux objets de discorde :
" L'un est plus grand, plus élevé,
" Mais je voudrais avoir fait l'autre ('). "
En somme, le Sonnet d'Uranie était une niaiserie, et celui de Job n'a que deux vers passables, les deux derniers. Si j'en crois les mémoires de Segrais, la bataille fut prolongée par un entêtement de la duchesse de Longueville :
" Dux femina facti ! "
" Madame de Longueville fut presque la seule, •* (quoiqu'elle eût fort peu de connaissance de la poésie) " qui soutint le parti du Sonnet à' Urante de Voiture " contre celui de /ob de Benserade, qui a des expres- ** sions plus élevées, plus poétiques et dans le goût du ** langage de la cour de ce temps-là; mais elle était si