I. Préface de la Pucelle
2.V. Traité du Poème Ép de PAbbé de MaroUes, Édition de 1662, p. 105.
* maîtres là-dessus ; c est-à-dire Aristote et Horace ,-
* et après eux Macrobe, Scaliger, le Tasse, Castel- ' vetro, Piccolomini, Vida, Vossius, Paccîus, Rîcobon,
* Robortel, Paul Benni, Mambrun et plusieurs autres ;
* et, passant de la théorie à la pratique, j'ai relu fort ' exactement \ Iliade et \ Odyssée d'Homère, XÉnéïde
* de Virgile, la Guerre Civile de Lucain,la7%/^^ï^V/<?de
* Stace, les Rûlands, amouretix çx. furieux àw Boîardo
* et de l'Arioste, l'incomparable Hiérusalem délivrée
* du fameux Torquato, et grand nombre d'autres Poè-
* mes épiques en diverses langues, tels que sont les
* premiers livres de la Franciade de Ronsard et du
* Saint-Louis du Père Le Moyne, et ce beau Poème
* de la Conquête de Grenade^ le plus bel ouvrage que
* ritalie nous ait donné depuis le Tasse.
** Or, de l'étude de tous ces préceptes et de tous ces
* poèmes héroïques, voici les règles que j'en ai formées
* et que j'ai suivies en composant mon Alaric{^)'\ Godeau versificateur épique du Saint Paul, est du même sentiment : *' La poésie héroïque est le dernier *' effort de la poésie, et ce qui peut principalement ** faire méritera un auteur le nom de poète ".(Préf. du Saint-Paul, Éd. de 1654.)
Hélas ! ** que produira l'auteur après tous ces grands ** cris? "Un poème épique veut du temps et des soins, mais surtout du génie épique. C'est ce qui manqua le J plus aux nombreux poètes de France, contemporains de Boileau, qui essayèrent de nous donner une Iliade ou une Énéïde française. Boileau va dire, dans les vers suivants, que ** souvent parmi nous'' les poètes prirent ** la trompette héroïque ". Ce mot ** souvent " n'est pas ici une cheville, ni une exagération. La poésie épique coulait à flots durant les premières années de Louis