‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 29 sur 236 · HUU dt VAcad, Éd. Livet, t. H, p. loo-i · texte numérisé non relu

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tercets ne croyait point ** qu'on puisse faire un Sonnet parfait ('). " C'est du moins ce qu'on lit dans les notes de Ménage. Le médisant des Réaux s'exprime en d'autres termes sur Gombaud : ** C'est le plus céré- *' monieux et le plus mystérieux des hommes. Il a ** découvert, dit-il, le secret de faire des Sonnets faci- " lement, et, s'il l'eût su plus tôt, il en eût autant fait *' que Pétrarque. Il n'a garde de le dire ce secret ; car ** je crois qu'il n'en a point ('). "

Gombaud passa ses vieux jours à rimer des Épigrammes ornées de concetti. ** M. Furetière témoi- ** gne qu'elles sont si belles, qu'elles ont fait tort même " à celles du Président Maynard (•^). Le même auteur " fait aussi beaucoup d'estime des Sonnets de Gombaud ** et M. Guéret juge qu'il y réussissait assez bien (*). ** Cependant M. Despréaux ne les trouve pas fort de ** son goût; et il prétend qu'il n'y en a pas plus de deux ** ou trois parmi le grand nombre qu'il en a fait qui ** méritent l'approbation publique. Il dit même, en un ** autre endroit, que Gombaud garde encore la bou- ** tique, malgré les éloges qu'il a reçus {^). "

2® Maynard, président au présidial d'Aurillac, auteur d'Épigrammes, d'Odes et de Sonnets. Nous avons plus haut exposé ses opinions sur les Sonnets, dits ** licencieux ". — ** M. Pellisson... dît que ce " poète, non content de faire toujours de ces sonnets ** licencietLX, les soutenait partout et déclamait contre '* la tyrannie de ceux qui s'y opposaient. Il se fâchait

** même, ajoute cet auteur, quand, pour défendre son

I. Miscellanea de Ménage, 1652, II' P. p« 123. — 2. Op. cit., t. III. — 3. Nouv, Allé^. des troubles du roy. d^iLloq,, p. 70. — 4. Guerre des auteurs^ p. 177.

5. Baillet, Ju^. des Sav. — Gombaud. C'est ce que nous verrons au chant IV* :

** Ei Gombaud tant vanté garde emor la boutique, "

** opinion, on alléguait lexemple de Malherbe, disant " qu'il n'en avait pas besoin ; qu'avec la raison et avec ** sa propre autorité, il se trouvait assez fort, et qu'enfin ** personne ne le pouvait empêcher de faire des Épi- "'grammes de quatorze vers ('). "

En effet les Épigrammes du président Maynard ressemblent souvent à un Sonnet, moins un tercet ou un quatrain. L'un de ces plus fameux Sonnets, sinon le meilleur, est celui par lequel il se vengea de la réponse monosyllabique de Richelieu. Il s'adresse au Cardinal, qu'il nomme Cléomédon :

" Par votre humeur le monde est gouverné ;

" Vos volontés font le calme et Torage,

** Et vous riez de me voir confiné,

" Loin de la cour, dans mon petit village.

'^ Cléomédon, mes désirs sont contents ;

" Je trouve beau le désert où j'habite,

" Et connais bien qu'il faut céder au temps,

" Fuir Téclat et devenir ermite.

" Je suis heureux de vieillir sans emploi,

" De me cacher, de vivre tout à moi,

" D'avoir dompté la crainte et Tespérance " Et si le ciel, qui me traite si bien,

" Avait pitié de vous et de la France,

*' Votre bonheur serait égal au mien ! ''

Quelque temps auparavant, Maynard appelait le tout-puissant Cardinal :

" Un Dieu,

" Qui, pour se faire méconnaître, " A pris le nom de Richelieu (*). "

O vanité des louanges dispensées par les disciples d'Apollon !

Ses Sonnets, ou Épigrammes de quatorze vers, ne

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