‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 33 sur 236 · I. P. 29 et 25. — 2, Œuvr, Nouv. Édit., p · texte numérisé non relu

I. P. 29 et 25. — 2, Œuvr, Nouv. Édit., p

L' Épigramme était à la mode, du temps de Boileau comme le Sonnet, le Madrigal et autres menues bagatelles. Mascarille posait devant Cathos et Madelon, pour en avoir jeté dans les salons quelques centaines :

* Je veux établir chez vous une académie de beaux

* esprits, et je vous promets qu'il ne se fera pas un

* bout de vers dans Paris que vous ne sachiez par ' cœur avant tous les autres. Pour moi, tel que vous

* me voyez, je m'en escrime un peu quand je veux; et

* vous verrez courir de ma façon dans les belles ruelles

* de Paris 200 Chansons, autant de Sonnets, 4.00 Épi- ' grammes tX plus de 1000 Madrigaux, sans compter

* les Énigmes et les Portraits ('). "

Selon le P. Rapin,deux auteurs qui ont effleuré l'idéal duSonnet,ontaussi approchédela perfection dansl'Épigramme. ** Maynard et Gombaud, dit-il, y ont mieux ** réussi que les autres. Mais après tout, c'est plutôt un " coup de bonheurqu'un effet de l'art que d'y réussir (")." Citons-en une ou deux, de ces épîgrammatistes de profeission. Maynard dit à un méchant écrivain :

" Je crains que cette saison '' Nous amènera la peste ; " La gueule du chien céleste ** Vomit feu sur Thorizon.

" Afin que je m'en délivre " Je veux lire ton gros livre " Jusques au dernier feuillet :

" Tout ce que ta plume trace, *' Robinet, a de la glace, " A faire trembler juillet (3). "

Gombaud écrit sur un ivrogne :

" Il mange tout, ce gros glouton ; " Il boit tout ce qu'il a de rente.

" Son pourpoint n'a plus qu'un bouton ; " Mais son nez en a plus de trente (*); "

I. Les Préc, rid.^ scX.— 2. Réjl, etc., p. 163-4.— 3, Rec. des poiLfrAW^ -4, Ibid,

sur un mauvais rimeur :

** S'il est chrétien, Dieu le conserve !

" Il n'en paraît rien à mes yeux, '* Sinon qu'il choque les faux dieux ; " Car il écrit malgré Minerve ('); "

sur de faux amis :

" Mille fois ils m'ont tout promis, " Mais le siècle en fourbes abonde ; " Et je ne hais rien tant au monde, " Que la plupart de mes amis (*). "

Inutile de noter que nous n'avons pas choisi parmi les pires. On pourrait de même en glaner quelquesunes de bonnes dans le livre du chevalier de Cailly.

J'en cite seulement deux, deux bons mots de deux rimes ornés :

Contre un compilateur :

" A cent particuliers ce qu'Ëraste osa prendre, " Au public il vient de le rendre. "

Contre un mauvais médecin :

" Oronte est bien malade ; il t'a désobligé

" Fauste, va le traiter ; tu seras bien vengé (3). "

Le meilleur artisan d'Épigrammes, c'est-à-dire le plus malin, du XVII* siècle est, croyons-nous, le "tendre" Racine. Toutes ses Épîgrammes sont des chefs-d'œuvre de goût, d'esprit, de style. Il faudrait faire un triage parmi celles de Boileau, qui sont fort inégales. Cependant Boileau aimait ces satires en raccourci ; il s'en servait comme d'une arme, ou même comme d'un bataillon : **Ie commence toujours à déclarer la guerre

par des ÈpigrammeSy disait M. Despréaux. C'est là

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