‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 36 sur 236 · Misant h,^Kci^ I, se · texte numérisé non relu

Misant h,^Kci^ I, se

" subtilité. On veut trop éblouir et surprendre... On ** tombé dans le défaut de répandre un peu trop de •* sel... L'esprit lasse beaucoup, dès qu'on Tafifecte et " le prodigue... " Et le reste (').

" Le madrigal d'abord en fut enveloppé;

" Dabord'' n'est pas tout à fait une cheville. Il semble en effet que les concetti pénétrèrent dans la poésie du xvii« siècle, par le moyen de ces bluettes. Le Madrigal fut *' (T abord " en pleine floraison dans Tacadémie très spirituelle et très choisie de l'hôtel de Rambouillet et l'un des tournois de littérature ingénieuse reçut le nom à^ Journée des Madrigaux (20 décembre 1653). Chacun sait le triomphe des Madrigaux parmi les aimables hôtes de la chambre bleue, au jour où le Duc de Montausier offrit à M^^ de Rambouillet la Guirlande de Julie, Pour ce gracieux recueil, dix-neuf poètes avaient fait parler vingt-neuf fleurs, en soixante-deux Madrigaux. Les rimeurs à la mode s'étaient empressés de cueillir ces rimes fleuries et odorantes, dans le parterre de leur esprit. Ce sont les Chapelain, les Colletet, les Malleville, les Montausier, les Habert, les Scudéry, les Desmarets, et probablement le grand Corneille ; car plusieurs fleurs sont signées : M. C. (*). Et tout cela est plein de traits, de pointes, d'antithèses, de jeux de mots, visant au grand fin. Le souci, le safran, l'hyacinthe, rivalisent d'affectation. Chaque petite fleur en est " enveloppée", comme parle Boileau.

Huet donnait la palme au Madrigal deChapelain sur la Couronne impériale (3), qui est un des plus longs. On

I. Lettre à PAcad^yCh. V.— 2. Peut-être faut-il lire: Monsieur Conrart. - 3. Huet, p. 44.

raccorde généralement à Tun des plus courts, c'est-àdire à la Violette de Desmarets. Elle aussi, malgré sa modestie, vise au raffinement ; mais la pointe en est naturelle :

** Franche d'ambition, je me cache sous Therbe, " Modeste en ma couleur, modeste en mon séjour ; " Mais si sur votre front je puis me voir un jour, " La plus humble des fleurs sera la plus superbe (*). "

*' Le sonnet orguelUeux lui-même en fut frappe.

" Lui-même " pourrait peut-être se remplacer par ** surtout '\ Les recueils des cinquante premières années du Grand Siècle sont surchargés de Sonnets, généralement très fades, mais essayant d'attraper un quatorzième vers spirituel. C'est à cette recherche de la pointe finale du Sonnet, que Molière fit la guerre, en ridiculisant le Sonnet deCotin sur la fièvre qui tient la princesse Uranie ; et celui de Philis, qui reste le type de l'euphuisme :

" Belle Philis, on désespère,

" Alors qu'on espère toujours. " •

Parmi ce déluge de Sonnets traînant un bon mot quelconque, en guise de conclusion, j'en cueille un de Maître Adam, le menuisier : '' A M. le Maréchal de '* la Milleraye, Grand Maître de (Artillerie de France, ** sur son voyage de Bourbon C Arc hambaut, où il s' alla ** baigner, après la prise d'Arras.

" Quel prodige veux-tu nous montrer de nouveau, " Toi qui ne vomis rien que flamme et que tempête ? " Crois-tu que les lauriers qui font courber ta tête, " Étant nourris de feu, puissent vivre dans l'eau ?

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