‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 39 sur 236 · V. P. Bouhours, Man. de bien penser · texte numérisé non relu

V. P. Bouhours, Man. de bien penser

** bien au-dessous de Virgile... Le Tasse, qui est un ** si beau génie, tient un peu du caractère des femmes ** coquettes, qui mettent du fard, quelque belles qu elles * soient; sans prendre garde que l'artifice gâte en elles ** la nature ('). " Boilèau était d*un avis tout semblable et Ion sait quel cas il faisait de ce " clinquant " du Tasse.

Nous n'irons point déterrer les jeux de mots français dans Timmense fatras des épopées, écloses avant VA ré Poétique. L'ouvrage serait long et de bien peu de profit ; citons-en seulement quelques-uns, pour mémoire. Chez le Père Le Moyne, saint Louis se jette à la nage, pour gagner la terre ferme ; le poète agrémente ainsi cet acte de courage :

" Le beau feu de son cœur lui fait mépriser Peau. "

Cette belle antithèse de Teau et du feu a aussi tenté le

génie de Saint- Amant. Au début de son Moyse sauvi^

il demande au grand Législateur du peuple d'Israël,

** une étincelle de l'auguste feu" qu'il vit " briller au

** buisson " ; et le poète termine son invocation par ce

joli trait :

" Fais qu'en ce tableau,

" Ce feu me serve enfin à te sauver de Teau ('). "

Scudéry parsème aussi de ces fleurs les prouesses épiques de son Alaric,

" Mais si le ciel rougit, la triste Amalasonthe " Rougit ainsi que lui de dépit et de honte (3). "

Le plus beau type de ces fadaises est le poème. de la Magdelaine au désert de la Sainte- Baume, par le P. Pierre de S. Louis, Religieux Carme de la province de

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