V. P. Bouhours, Man. de bien penser
** bien au-dessous de Virgile... Le Tasse, qui est un ** si beau génie, tient un peu du caractère des femmes ** coquettes, qui mettent du fard, quelque belles qu elles * soient; sans prendre garde que l'artifice gâte en elles ** la nature ('). " Boilèau était d*un avis tout semblable et Ion sait quel cas il faisait de ce " clinquant " du Tasse.
Nous n'irons point déterrer les jeux de mots français dans Timmense fatras des épopées, écloses avant VA ré Poétique. L'ouvrage serait long et de bien peu de profit ; citons-en seulement quelques-uns, pour mémoire. Chez le Père Le Moyne, saint Louis se jette à la nage, pour gagner la terre ferme ; le poète agrémente ainsi cet acte de courage :
" Le beau feu de son cœur lui fait mépriser Peau. "
Cette belle antithèse de Teau et du feu a aussi tenté le
génie de Saint- Amant. Au début de son Moyse sauvi^
il demande au grand Législateur du peuple d'Israël,
** une étincelle de l'auguste feu" qu'il vit " briller au
** buisson " ; et le poète termine son invocation par ce
joli trait :
" Fais qu'en ce tableau,
" Ce feu me serve enfin à te sauver de Teau ('). "
Scudéry parsème aussi de ces fleurs les prouesses épiques de son Alaric,
" Mais si le ciel rougit, la triste Amalasonthe " Rougit ainsi que lui de dépit et de honte (3). "
Le plus beau type de ces fadaises est le poème. de la Magdelaine au désert de la Sainte- Baume, par le P. Pierre de S. Louis, Religieux Carme de la province de