‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 44 sur 236 · I. 1 fév. 1691. — 2. 25 déc. 1625. — 3. 17 janv · texte numérisé non relu

I. 1 fév. 1691. — 2. 25 déc. 1625. — 3. 17 janv

J en passe des milliers et des meilleurs.

Qu'il suffise de nommer les romans en huit et dix tomes. C est là que poussent, sëtalent et brillent à Taise toutes ces fausses fleurs.

" L'avocat au Palais en hërissa son style.

Boileau garda toujours rancune au style, aux choses, et aux gens du Palais. Il avait été d'abord destiné à parler le langage de la chicane et à vivre de procédure. Mais la répugnance vint vite; et le jeune Nicolas s'en

** Alla loin du Palais, errer sur le Parnasse (•). "

Il ne pouvait goûter les déclamations des avocats, ni les harangues des magistrats, ni les formules des greffiers. — **Conversant un jour avec TAvocat-Géné- '* rai de Harlay, il louait Virgile de ne dire jamais fien " de trop. — Je ne me serais pas douté, dit Harlay, ** que ce fût là un si grand mérite. — Si grand, répartit ** Boileau, que c'est celui qui manque à toutes vos *' harangues {'). "

Le ton et la voix puissante des gens de basoche excitaient son indignation, ou sa verve. *' L'Avocat ** Fourcroi, qui avait des poumons redoutables, dispu- ** tait contre Molière en présence de Boileau; celui-ci ** se tournant vers Molière, lui dit : Qu'est-ce que la " raison, avec un filet de voix, contre une gueule ** comme celle-là {^) ? "

Dans une des Satires il fait une mention plaisante de l'Avocat Gauthier-la-Gueule ; il appelle le Palais :

" ... Ce pays barbare, " Où Ton voit tous les jours rinnocence aux abois

I. Ép. V. — 2, Notes hisL sur BoiL Éd. Ménard, t. I, p. LIX. — 3. /^/V/.,p.LXIII.

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'' Errer dans les détours d'un dédale de lois,

" Et, dans l'amas confus des chicanes énormes,

" Ce qui fut blanc au fond rendu noir par les formes. (') "

Le Lutrin est semé d'autres épigrammes contre la chicane, déesse Normande, sœur de la Discorde. —

Dans une lettre de I704('), Despréaux raconte à lavocat Brossette son aversion pour le Droit civil ; et à ce propos, il cite des vers latins commis par lui jadis, contre la science de la procédure. Il avait, dit-il, comparé **les lois du Digeste aux dents de dragon que " sema Cadmus, et dont il naissait des gens armés qui *' se tuaient les uns les autres. "

Cétaît la mode au xvii« siècle de rire de Tavocasserie presque autant que de la médecine. Corneille, Texavocat de Rouen, avait plaisanté, avec son Menteur, de ces '* royaumes du Code ", où Ton apprenait

'' Le Digeste nouveau, le vieux, Tinfortiat,

*' Et ce qu'en dit Jason, Balde Accurse, Alciat, "

et où Ton devenait " un homme à paragraphe (^) ."

Racine aiguisa bien d'autres flèches, dans ses Plaideurs. Son Petit-Jean plaidait du beau ton, en récitant son commencement :

" Quand je vois les Césars, quand je vois leur fortune, " Quand je vois le soleil, et quand je vois la lune... ''

Le collègue de Petit-Jean plaidait comme Le Maître,

lorsqu'il remontait au-delà du déluge à propos d'un

chapon et terminait son exorde par une tirade, des

Métamorphoses :

" Unus erat toto... "

Alors encore, comme parle La Bruyère, " Ovide et •* Catulle achevaient de décider des mariages et des ** testaments, et venaient avec les Pandedes au secours

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