I. Op. cit, t. IV. — 2. Muze hist 22 Sept
Ainsi s'exprime La Mothe (') ; le génovéfain Sanlecque apostrophe Torateur chrétien qui raffine : -
" Toi, qui dans tes sermons pleins de faux ornements, " Fais dire au Saint-Esprit des phrases de romans... (')"
Recueillons, uniquement pour mémoire, trois ou quatre bribes de cette éloquence déplorable. Voici un passage d'un Discours funèbre, prononcé aux obsèques du roi Louis XIII; le P. Bouhours Ta transcrit dans sa Manière de bien penser. ** Royale abstinence *' des plaisirs, soleil naissant dans les abîmes, pléni- " tude dans le vide, manne dans les déserts, toison ** sèche où tout est trempé, toison trempée où tout est
** Nous avons vu, écrit le même P. Bouhours, des ** prédicateurs charmer le monde par des discours ** tout semés de concetti et de pensées fausses... Je ** ne puis me souvenir sans indignation d*un prédica- ** teur qui dit un jour à des Religieuses qu'elles '* devaient avoir toujours le cure-dent à la main, parce ** que les communautés régulières ressemblent aux " dents qui, pour être belles, doivent être bien rangées, ** bien blanches et bien nettes. " Cela vaut à peu près ce trait ''d'un prédicateur Italien qui, prêchant à *' Milan, le jour de Pâques, devant le Cardinal Charles '* Borromée, archevêque de la ville, dit aux peuples '* qu ils avaient un prélat semblable à un œuf de " Pâques, qui est rouge, qui est béni, mais qui est un
'* peu dur (^). **
L'historien de Valois dit une aneddote aussi ingénieuse du fameux évêque de Belley, M. le Camus. ** Il se plaisait fort à faire des allusions. Je lui en
I. Ode^, etc. 5* éd. 1719, p. 194. — 2. Poésies, édit. de Harlem, p. 13. - 4. Manière de bien penser, IV* Dial. — 3. Ibid. ir Dial.
** entendis faire une plaisante un jour. Il faisait le '* panégyrique de saint Marcel. Son texte fut le nom ** du saint (Marcellus), qu'il coupa en trois, pour les " trois parties de son discours. Il dit qu il trouvait trois " choses cachées dans le nom de ce grand Saint : ** 1° que mar voulait dire, qu il avait été une mer de " charité et d'amour envers son prochain ; que cel " montrait qu il avait eu, au souverain degré, le 5^/ de ** la sagesse des enfants de Dieu ; 3^ enfin que lus " prouvait assez comme il avait porté la lumière de ** r Évangile à tout un grand peuple, et comme lui- ** même avait été une lumière de TËglise et la lampe *' ardente qui brûlait de l'amour divin (') ".
Tout le monde a lu dans les Dialogues sur rÉloçuefue,V3.nalyse du sermon des Cendres.*' Disons donc ** ce que j'ai retenu. Voici le texte : Cinerem tanquam " panem manducabam, je mangeais la cendre comme '* mon pain. Peut-on trouver un texte plus ingénieux, ** pour le jour des Cendres ? Il (l'orateur) a montré '* que, selon ce passage, la cendre doit être aujourd'hui ** la nourriture de nos âmes ; puis il a enchâssé dans ** son avant-propos, le plus agréablement du monde» '' l'histoire d'Artémise sur les cendres de son époux. ** Sa chute, à son Ave Maria, a été pleine d'art. Sa ** division était heureuse ; vous en jugerez. Cette •* cendre, dit-il, quoiqu'elle soit un signe de pénitence, ** est un principe de félicité ; quoiqu'elle semble nous *• humilier, elle est une source de gloire ; quoiqu'elle ** représente la mort, elle est un remède qui donne ** l'immortalité. Il a repris cette division en plusieurs '* manières; et chaque fois il donnait un nouveau lustre ** à ses antithèses. Le reste du discours n'était ni