‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 54 sur 236 · Nûuz. cA, etc., p. 53. — 3. Femm. Sav.^ III, se · texte numérisé non relu

Nûuz. cA, etc., p. 53. — 3. Femm. Sav.^ III, se

C'est de semblables pauvretés que le P. Bouhours disait: " Il ny a point d'esprit dans Téquivoque, ou il '' y en a fort peu. Rien ne coûte moins, et ne se trouve *' plus facilement ('). " Trissotin en découvre assurément beaucoup plus que Bossuet. Voilà pourquoi la raison les déclare *' infâmes " dans le style grave.

Toutefois, même dans les discours très sérieux, ou solennels, le goût, la raison, Tusage, et Boileau admettent certaines façons de s'exprimer, qui, au fond, sont des jeux de mots ; par exemple, chez Racine :

" Pour reparer des ans V irréparable outrage ; "

chez Corneille :

" Ton bras est invaincu^ mais no.n pas invincible;

et chez Molière :

" De ses wtxs fatigants lecteur infatigable, "

Le haut style, même au xvii^ siècle, est émaillé de ces antithèses de mots ; et même, au xvii^ siècle, on les y enchâssait en guise de diamants : '* lumina ora-

* tionis *\ Il est, selon Bouhours " certaine espèce

* d'antithèses, qui ont de la simplicité, et qui plaisent

* même d'autant plus qu'elles sont plus simples... Les

* antithèses bien ménagées plaisent infiniment dans

* les ouvrages d'esprit. Elles y font à peu près le même

* effet que, dans la peinture, les ombres et les jours

* qu'un bon peintre a l'art de dispenser à propos ; ou ' dans la musique, les voix hautes et les voix basses

* qu'un habile maître sa.it mêler ensemble (*). *'

Évidemment l'auteur de La guerre Poétique s'est inspiré de Despréaux, pour en composer l'ordonnance

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