‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 58 sur 236 · Traité de la Poés.fr, — Du Rond, et du IrioL · texte numérisé non relu

Traité de la Poés.fr, — Du Rond, et du IrioL

Rondeau ** dans toutes les règles", les rimes redoublées et le refrain, mais non la symétrie rigoureuse; témoin le gracieux rondel de Charles d'Orléans sur le renouveau :

** Le temps a laissé son manteau

" De vent, de froidure et de pluie etc.. ; "

jolie bluette qui ressemble à un Triolet allongé. Il y avait aussi des Rondeaux allongés, ou redoublés, des Rondeaux doubles.A^s Rondeaux simples. Le P. Mourgues en expose la mesure compliquée.

Voiture, le ** bagatellier ", avait remis à la mode cette trouvaille gauloise. Il faut, écrit le docte Baillet, avertir ** ceux qui l'ignoreraient, que c est à lui (Voi- ** ture) que le Parnasse français est redevable du '* rétablissement des Rondeaux, dont l'usage était ** comme perdu, depuis le temps de Marot ('). "

Voici le Rondeau assez célèbre que Malleville rima contre labbé de Boisrobert, favori de Richelieu. Il a ** la naïveté", mais aussi la malice de TÉpigramme :

" Coiffé d'un froc bien raffiné, " Et revêtu d'un doyenné, " Qui lui rapporte de quoi frire, " Frère René devient messire; " Il vit comme un déterminé.

" Un Prélat riche e* .'jrtuné, " Sous son bonnet enluminé, '' En est, s'il le faut ainsi dire,

Coiffé.

" Ce n'est pas que Frère René, '* D'aucun mérite soit omé, " Qu'il soit docte, qu'il sache écrire, " Ni qu'il dise le mot pour rire; " Mais seulement c'est qu'il est né

Coifié. "

l'/u^^ des sav., t. V, p. 21 1.

Le refrain, si Tpn consulte, non pas les règles des

chartes poétiques, mais les œuvres des poètes, est tantôt

de quatre, tantôt de trois, tantôt de deux syllabes;

on en trouve même d'un monosyllabe, chez S. Pavin.

Le plus grand, ou plus fécond, ouvrier en Rondeaux

fut Benserade. Il mit, par ordre du Roi et à l'usage du

Dauphin, les Métamorphoses d'Ovide sous cette forme;

quelque peu bizarre. Deux ou trois de ces petits tours

de force feront voir comment le poète répondit aux

ordres de Sa Majesté.

Amphion.

" Le beau secret pour élever les corps " D'un grand logis ! Tels ouvriers sont morts; " Il n'en est plus. A leur douce harmonie, *' Les gros moellons venaient de compagnie, " Et s'arrangeaient comme par des ressorts.

*^ A peu de frais, et sans aucuns efforts, " Pareilles gens édifiaient alors, ^* I>a seule voix au luth étant unie :

" Le beau secret !

" Ah ! pour bâtir, si les charmants accords, •* Si les bons vers tenaient lieu de trésors, ** Que de palais de splendeur infinie !

" Nos Amphions sont en chambre garnie ; ** S'ils n'y sont pas, c'est qu'ils couchent dehors;

" Le beau secret ! "

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