‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 59 sur 236 · ESON RAJEUNI · texte numérisé non relu

ESON RAJEUNI

** Pour rajeunir xxïi vieux sexagénaire, '* En bonne foi Médée eut fort à faire :

" Son fils Jason le vit déchiqueté, " Haché menu comme chair à pâté, " Et mis bouillir dedans une chaudière.

" Tout beau, dit-il, madame la sorcière; " Vous hasardez la santé de mon père :

" Est-il besoin qu'il soit ainsi traité,

** Four rajeunir ?

CHANT II. m

" I^ voilà donc dans sa fleur printaniëre, " Beau, de bon air, d'agréable manière, ** Et revenu de son antiquité.

" Par bien du monde il serait imité; " Mais cette épreuve est un peu singulière,

" Pour rajeunir, "

MiDAS.

" Et malheureux certes et peu sensé,

'' Était Midas d'avarice pressé.

" Tout devint or dans ses mains nonpareilles,

'' Or dans ses plats, or dedans ses bouteilles;

" Enfin tant d'or, qu'il en fut harassé.

'* Il eut des dieux plus qu'il n'avait pensé ; " Nul Partisan n'est si tôt avancé; " I^ voilà donc opulent à merveille,

" Et malheureux, " Autre misère : Il avait prononcé " Contre Apollon ; et ce dieu courroucé '* Lui fit présent d'une paire d'oreilles *^ Longues d'une aune, et par le bout vermeilles. ** Un homme est sot qui se trouve exaucé,

" Et malheuteux (»). "

Y a-t-il chez Benserade de meilleurs Rondeaux que ceux-là .^ Je ne sais. Madame de Sévigné écrivait à sa fille, le 21 octobre 1676 : ** Vous trouverez aussi '* les Rondeaux de Benserade : ils sont fort mêlés; avec *' un crible, il en demeurerait peu. C'est une étrange '* chose que rîmpressîon ! "

Un homme d'esprit répondit à l'œuvre de Benserade par un Rondeau, qui a sur ceux de Benserade un avantage — celui d'être lu chez la postérité. Le voici (') :

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