Traité de lafoés.fr, — Du Madr
3. V, Lettres de la J/"' deSévigné^ à M, de Pomponne ^ i déc. 1684.
**.... Il y en a de plus simples, qui ne laissent pas *' d'avoir leur agrément et leur sel, comme les deux ** de la façon d'un homme d'esprit ('), qui fait de si ** jolies choses. L'un est sur la noblesse, et l'autre sur " les avares : voici le premier :
" D'Adam nous sommes tous enfants ;
" La preuve en est connue, " Et que tous nos premiers parents
** Ont mené la charrue.
" Mais las de cultiver enfin
** Leur terre labourée, " L'un a dételé le matin,
" L'autre, Taprès-dînée.
" Le second vaut bien le premier :
" Que votre sort est malheureux " Avec cent mille écus de rente !
** Eh quoi ! pour en amasser deux, " A peine en dépensez-vous trente.
" Mais vous aurez de quoi vivre après votre mort ; " J'en demeure d'accord ('). "
Citons encore parmi ces bagatelles brillantes ou fines, le Madrigal de Sapho-Scudéry sur la Campagne de Franche-Comté. C'est, à mon gré, l'un des meilleurs :
" Les héros de l'antiquité
" N'étaient que des héros d'été; '' Ils suivaient le printemps comme les hirondelles ; " La Victoire, en hiver, pour eux n'avait point d'ailes; " Mais malgré les frimas, la neige et les glaçons, ^* Louis est un héros de toutes les saisons. "
1. M. de Coulanges. Il avait quelque réputation dans le Madrigal* Bussy-Rabutin, parlant d'une de ces bluettes, en désignait ainsi Fauteur à la Mise de Sévigné :** C'est notre ami Coulanges, seul capable de faire '* un Madrigal, aussi fin que celui-là, depuis que je n'en fais plus. " (27 nov. 1678.)