Art PoéL L. I
" L'ardeur de se montrer, et non pas de mëdire, " Arma la vërité du vers de la Satire.
" L ardeur de se montrer, pour dire : de faire parler " de soi; voilà une ardeur de se montrer qui obscurcit ** sa pensée ('). "
Cette critique est de Pradon ; avant lui, Desmarets en avait fait une plus profonde : " Que veut dire \ar- " deur de se montrer ? C'est pour dire : le désir de *• faire parler de soi. Mais ce ne doit pas être le but " de la Satire. Sa fin doit être de réprimer les vices " et d'exciter à la vertu. Mais ce n'est pas le moyen " de faire bien parler de soi, que de parler mal d'autrui. " Et il (Boîleau) devait mieux suivre les règles qu'il " donne pour la Satire ('). "
Desmarets a raison contre le Satirique. N'est-ce plus en effet l'indignation qui met le fouet de la Satire aux mains des Archiloque, des Juvénal et même de Despréaux ? Despréaux n'a-t-il pas déclaré, par son Discours sur la Satire, que les satiriques ont prétendu avant tout venger le bon sens littéraire ou moral, contre les faquins de tous les temps.»^ N'a-t-il pas écrit, en sa viii^ Satire, sur le Genre Satirique :
" ...Quittons la satire ; ** C'est un méchant métier que celui de médire f "
Boileau n'a-t-il pas défini chacun de ses confrères et lui-même :
" Un auteur Ma/in, qui rit et qui fait rire ? "
N'a-t-il pas confessé qu'il lui est comme naturel " d'aboyer" contre le fat ou contre les sots auteurs dès qu'il les flaire ?