‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 67 sur 236 · I. Pradon Nouv, Rem, etc., p. 91. — 2. La dé/., etc., p · texte numérisé non relu

I. Pradon Nouv, Rem, etc., p. 91. — 2. La dé/., etc., p

Enfin, dans la Satire ix% Boileau ne crie-t-il pas à son esprit :

" Quel démon vous irrite et vous porte à tnkdirel^

La médisance poétique, ou la critique plaisante des travers humains, et littéraires, voilà le vrai rôle des Lucile et des Boileau ; Thumanité leur doit quelque gré de leur courage ; ce sont des vengeurs. Que si d'autre part, on feuillette l'histoire des Satiriques, on verra que \ ardeur de médire inspira toujours ceux qui inventèrent ou perfectionnèrent cette vengeance spirituelle. Le fond de la Satire est Tironie, Tinvective, la raillerie, voire même Tinjure, quoique la forme en ait varié avec les époques et les hommes, depuis Tauteur du Margitès, jusqu'à l'auteur du LutHn, et jusqu'aux auteurs des ïambes et des Châtiments.

Boileau a suivi, imité, translaté, les trois grands Satiriques, contemporains d'Auguste, de Néron et d'Hadrien. Comme eux, après eux, avec eux, Boileau a médit. Ses admirateurs non moins que ses adversaires le lui eussent assez rappelé, s'il avait pu l'oublier. Les uns l'en ont grandement félicité ; les autres pour l'en blâmer épuisent leur répertoire d'injures. Les admirateurs, comme le P. Mourgues, lui font compliment de sa réserve et de.sa douceur: ** Il est bon, dit-il, d'avertir ** ceux qui veulent marcher sur les traces des Horace " et des Despréaux, de se souvenir qu'en imitant leur *' enjouement, on doit au moins imiter leur modéra- ** tion (0. "

Nous verrons, çà et là, ce que pensèrent de cette modération les adversaires de Despréaux, soit simples détracteurs soit victimes.

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