‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 68 sur 236 · I. Traité de poés, fr. etc., p · texte numérisé non relu

I. Traité de poés, fr. etc., p

*' LucUe, le premier, osa la faire voir.

Oui, chez les Romains. Maïs les Grecs avaîent créé le genre, et Quîntilien semble un peu trop présomptueux, quand il affirme sans restriction : Salira iota nostra est ('). Vauquelîn, toujours historien dans son Art Poétique, dit comment les Grecs pratiquèrent la Satire et comment Lucile " osa la faire voir aux Ro-

mains : "

'* Telle était des Grégeois la Satire première ; ** Lucile, à Rome, mit la nouvelle en lumière ('). "

Boileau ne songe qu'aux Romains, et il les paraphrase ici comme en maint endroit. Les grands Satiriques de Rome reconnaissaient à Lucile le mérite de leur avoir frayé la voie :

Horace :

« Est Ludlius ausus ...(3) "

Perse :

'' Secuit Ludlius Urbtm ...(4). "

Ju vénal :

" Ense velut siriciOy quoties Lucilius.,. (s). "

Boileau, nourri de ces vieux maîtres, salue aussi en Lucilius un ancêtre :

" C'est ainsi que Lucile, appuyé de I^lie, ** Fit justice en son temps des Cotins d'Italie j " Et qu'Horace, jetant le sel à pleines mains, " Se jouait aux dépens des Pelletiers romains (^)."

SI !• Si

Aux vices des Romains présenta le miroir ; Vengea l'humble vertu de la richesse altière, Kt l'honnête homme à pied du faquin en litière.

Boileau avait déjà expliqué en prose sa pensée sur son antique confrère. Dans son Discours sur la Sa-

I. IJv, X. — 2. L. II. — - 3. Sut II, 1. ■— 4. Sot. I, V. 1 14. — 5. Sat. 1} V. 165. — 6. SaL IX, V. 275.

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