I. Traité de poés, fr. etc., p
*' LucUe, le premier, osa la faire voir.
Oui, chez les Romains. Maïs les Grecs avaîent créé le genre, et Quîntilien semble un peu trop présomptueux, quand il affirme sans restriction : Salira iota nostra est ('). Vauquelîn, toujours historien dans son Art Poétique, dit comment les Grecs pratiquèrent la Satire et comment Lucile " osa la faire voir aux Ro-
mains : "
'* Telle était des Grégeois la Satire première ; ** Lucile, à Rome, mit la nouvelle en lumière ('). "
Boileau ne songe qu'aux Romains, et il les paraphrase ici comme en maint endroit. Les grands Satiriques de Rome reconnaissaient à Lucile le mérite de leur avoir frayé la voie :
Horace :
« Est Ludlius ausus ...(3) "
Perse :
'' Secuit Ludlius Urbtm ...(4). "
Ju vénal :
" Ense velut siriciOy quoties Lucilius.,. (s). "
Boileau, nourri de ces vieux maîtres, salue aussi en Lucilius un ancêtre :
" C'est ainsi que Lucile, appuyé de I^lie, ** Fit justice en son temps des Cotins d'Italie j " Et qu'Horace, jetant le sel à pleines mains, " Se jouait aux dépens des Pelletiers romains (^)."
SI !• Si
Aux vices des Romains présenta le miroir ; Vengea l'humble vertu de la richesse altière, Kt l'honnête homme à pied du faquin en litière.
Boileau avait déjà expliqué en prose sa pensée sur son antique confrère. Dans son Discours sur la Sa-
I. IJv, X. — 2. L. II. — - 3. Sut II, 1. ■— 4. Sot. I, V. 1 14. — 5. Sat. 1} V. 165. — 6. SaL IX, V. 275.