‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 69 sur 236 · I-'ART POÉTIQUK · texte numérisé non relu

I-'ART POÉTIQUK

tire ('), il s'était comparé au poète commensal de Scipion ; et il avait prétendu démontrer au public des Cotins, que lui, Boileau, ** en comparaison de tous ses '' confrères les Satiriques, il a été un poète fort retenu ** Et pour commencer par Lucilius, inventeur (?) ** de la Satire, quelle liberté, ou plutôt quelle licence ne '* s*est-il point donnée dans ses ouvrages ? Ce n'étaient * point seulement des poètes et des auteurs qu'il '* attaquait ; c'étaient des gens de la première qualité ** de Rome ; c'étaient des personnes consulaires. Ce- " pendant Scipion et Lélius ne jugèrent pas ce poète, ** tout déterminé rieur qu'il était, indigne de leur ** amitié ; et vraisemblablement, dans les occasions, ** ils ne lui refusèrent pas leurs conseils sur ses écrits, *' non plus qu'à Térence. Ils ne s'avisèrent point de ** prendre le parti de Lupus et de Métellus, qu'il avait ** joués dans ses Satires ; et ils ne crurent pas lui don- ** ner rien du leur, en lui abandonnant tous les ridi- ** cules de la République :

" Num Lsslius, et qui

'' Duxit ab oppressa merîtum Carthagine nomen, '* Ingenio ofTensi, aut laeso doluere Metello, ** Famosisve Lupo cooperto versibus (') ?

*' En effet Lucilius n'épargnait ni petits ni grands ; ** et souvent, des nobles et des patriciens, il descendait '* jusqu'à la lie du peuple:

** Primores populi, arripuit, populumque tributim (3). "

Assurément pareille liberté n'eût pas été de mise autour du trône de Louis XIV. Sorel a l'air de s'en plaindre. Autrefois, écrit-il ** une plume ou une parole ** libre disaient par raillerie des vérités qu'il était plus

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