‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 76 sur 236 · I. Entretiens^ Entr. X*. — 2. Disc, sur la Sat · texte numérisé non relu

I. Entretiens^ Entr. X*. — 2. Disc, sur la Sat

du 2 novembre 1702. — " Sat. VI IL M. Despréaux ** m'a dit que ses autres Satires étaient plus dans le *' style d* Horace, et que celle-ci tenait plus de la *' manière d'écrire de Perse, dont les Satires sont '* ordinairement disposées en forme de dialogue. — De ** toutes mes Satires, a-t-il dit, c'est celle-ci qui a été le ** plus achetée et le plus courue du public, quand elle ** a commencé à paraître; de là, on peut induire que le ** style de Perse serait plus au goût du public ('). "

" Juvënal, ëlevë dans les cris de l'école,

" Poussa Jusqu'à l'excès sa mordante hyperbole.

Ces deux vers ont comme un air de parenté avec ceux de Desmarets, dans les Visionnaires:

'^ ...J'aimai Tantilhèse au sortir de Técole;

" Maintenant je me meurs pour la haute hyperbole ('). "

" Ses ouvrages, tout pleins d'affreuses vérités, '* Etincellent pourtant de sublimes beautés.

Écoutons ici Pradon: "' Ce mot à' affreux est fort er ** usage chez Monsieur T>^*^,comm^badinageajffreîix ** etc. Étincellenty est encore un mot apparemment di *' Sublime {^). ''

Selon sa coutume, Pradon emprunte presque tou cet esprit à Desmarets, qui avait souligné de la sorte les deux mêmes vers: ** Méchante césure: tout pleins ** L'épithète àiaff^reuses ne vaut rien pour vérités; mai: *' ce mot affreux lui sert pour toutes choses non visi •' bles; et cest mal parler que de dire: étinceler d ** beautés. II faut au moins savoir parler français, quanc ** on s'établit en maître de la poésie française (^). "

I. Corresp, Éd. Laverdet, App. p. 550. — 2. Acte V, se. 7, rôle d'Al cidor. — 3. N''" Rem, p. 91.— 4. Déjense du pohne hér, etc., p. 85.

Voici comment Boileau jugeait son confrère Juvénal : ** Juvénal,... à peine est-il entré en matière, que le '* voilà en mauvaise humeur contre tous les écrivains ** de son temps. Demandez à Juvénal ce qui l'obligé '* de prendre la plume. Cest qu il est las d'entendre et ** la Tkéséide de Codrus, et XOreste de celui-ci, et le " Télèpheà^ cet autre, et tous les poètes enfin, comme *' il dit ailleurs, qui récitaient leurs vers au mois ** d'août:

" ,,,Et Augusto recitantes mense poetas.

*' Tant il est vrai que le droit de blâmer les auteurs '' est un droit ancien, passé en coutume parmi tous les ** Satiriques, et souffert dans tous les siècles ("). "

Le beau moyen après cela pour Boileau de se taire et de ne pas nommer Cotîn et Pradon, la Pucelle et

Clovis?

" Soit que, sur un ëdit arrive de Caprée, *' Il brise de Sëjan la statue adorëe;

Ceci est bien terne auprès de la page ardente de Juvénal:

" Verbosa et grandis epistola venit

" ...A Capreis... " (Sat. X, v. 71.)

** Ardet adoraturn populo caput et crepat ingens

" Sejanus... " (Ib. v. 62 et seqq.)

Le peuple romain, dit Juvénal, fait flamber le grand Séjan de bronze, puis il s'en fabrique des plats, des gobelets et d'autre vaisselle.

" Soit qu'il fasse au conseil courir les Sénateurs, " D'un tyran soupçonneux pâles adulateurs;

** Le mot adulateurs n'est point français et est " écorché du latin./' Tel est l'avis de l'académicien

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