I. Disc, sur la Sat
Desmarets ('). Boileau désigne ici la Satire iv« d< Juvénal (v. 37, à la fin), où Ton voit les pâles séna teurs convoqués par Domitien, à cette fin de délibérei sur le plat qui convient à un turbot énorme.
Ou que, poussant à bout la luxure latine, Aux portefaix de Rome 11 vende Messallne.
Femme de Timbécile empereur Claude, femm< misérable et avilie, que Juvénal traite selon se: mérites.
Mais, comme va le dire Boileau, c'est vraimen ** un effronté qui prêche la pudeur '*.
Saint-Évremond, qui n'est point précisément ui scrupuleux, s'en déclarait *' scandalisé " (').
Heureusement Boileau n'a pas suivi toutes le traces de Juvénal ; il savait qu'un ** lecteur françai •* veut être respecté ".
Boileau a surtout flagellé les ridicules et les sottise des gens de lettres, laissant pour l'ordinaire à d'autres qui avaient pour cela autorité et mission, le soin d flageller les crimes.
" Ses écrits pleins de feu partout brillent aux yeux.
Voilà évidemment un ** frère-chapeau ". L'auteu venait d'écrire:
** Ses ouvrages tout pleins,,, êtincellent; "
et sur-le-champ il répète :
" Ses écrits //f/Vix.., brillent; "
enfin il cheville ce dernier vers d'un adverbe qui di trop ou ne dit rien. Ce pauvre alexandrin sert de pierr d'attente au suivant.
I. Déf, etc., p. 85. — 2. Œuv, MéL Ed. de 1699, t. IV, p. 129.
Après avoir commenté les jugements de Boileau sur les trois Satiriques de Rome, c est le lieu de transcrire le quatrain pour le portrait de Boileau^ ou tout au moins, les deux derniers vers:
'* J'ai su dans mes écrits, docte, enjoué, sublime, " Rassembler en moi Persc^ Horace et /uvénaL "
On a prétendu que Boileau lui-même se décerna ce compliment; aussi a-t-on inséré ce quatrain parmi les Poésies diverses et Épigrammes de Despréaux. Le vieux poète, écrivant à son commentateur, reniait la paternité de ces rimes flatteuses. Il envoyait à Lyon le susdit quatrain, avec cette note modeste: ** C'est *' moi qui suis supposé y parler, mais qui n'ai pourtant ** jamais pensé ce quon m'y fait dire ('). " L'auteur, à l'entendre, serait M. Le Verrier. Deux, mois plus tard, il explique à son interprète comme quoi il a composé, ** pour empêcher qu'on ne le crût auteur des ** quatre vers ", un autre Madrigal adressé à M. Le Verrier :
" Oui, Le Verrier, c'est là mon fidèle portrait... ''
Néanmoins le fameux quatrain lui plaît ; il le juge heureux et exact, ** n'y ayant, déclare-t-il, rien surtout '* de plus juste que ces deux vers :
*' J'ai su dans mes écrits, docte, enjoué, sublime, " Rassembler en moi Perse, Horace et Ju vénal ;
*' Supposé que cela fût vrai, docte répondant admirablement à Perse, enjoué à Horace, et sublime à Juvénal. Il (M. Le Verrier) les avait faits d'abord indirects...; mais cela les rendait froids, et c'est par . *' le conseil de gens très habiles qu'il les mit en style '* direct, la prosopopée ayant une grâce qui les anime.