Scène V
dans Toccasion, ne recule point devant les noms de Guillot, Margot et autres; mais il sentait, comme Despréaux, la diflférence de ton entre Lycidas et Phyiis, Pierrot et Toinon. Il parle d'un berger, qui perdit tout son avoir; il le fait en ces termes :
Il " fut réduit à garder des brebis, " Non plus berger en chef comme il était jadis, '' Quand ses propres moutons paissaient sur le rivage; " Celui qui s'était vu Corydon ou Tirets,
" Fut Pierrot et rien davantage {'). "
Ailleurs, le fablier change Philis en Toinon; mais en lui conservant son nom grec, il fait mieux voir encore la triste fortune de cette dame, devenue
" Compagne De certaines Philis qui gardent les dindons ('). "
** £atre ces deux excès la route est difficile; •* Suivez, pour la trouver, Théocrite et Virgile.
Au xvii« siècle, Virgile tient compagnie à Théocrite, comme Racan à Malherbe. Trissotin lui-même n'a garde de les séparer. Il fait ce compliment à Vadius :
** Nous avons vu de vous des Églogues, d'un style " Qui passe en doux attraits Théocrite et Virgile (3). "
Toutefois Théocrite, à titre d'ancienneté, ou de mérite, avait le pas sur les autres poètes des champs. Dans \ Histoire Poétique de la Guerre nouvellement déclarée entre les Anciens et les Modernes, " Théocrite " fut déclaré chef des poètes bucoliques, nonobstant