Femm. Sav., Acte III, se
CHANT ir. 21
*' les prétentions de Bion et de Moschus, qui n obtin- ** rent que le titre de ses Lieutenants ('). "
Virgile lui-même se reconnaît l'humble disciple des Muses Siciliennes, et transporte, comme on sait, dans les pâturages de Mantoue les bergers de Syracuse ou de l'Etna. En un temps de parallèles, comme fut notre Grand Siècle, on ne pouvait oublier de comparer le mantouan avec le sicilien, le modèle avec l'imitateur devenu modèle à son tour. Voici comment le P. Rapin s'acquitte de cette tâche : " Les modèles, qu'on doit se
proposer en ce genre de poésie (rÉglogue), sont
Thiocrite et ytrgi/e.Théocrite est plus doux,plus naïf,
plus délicat, par le caractère de la langue grecque.
" Virgile est plus judicieux, plus exact, plus régu- '* lier, plus modeste, par le caractère de son propre " esprit, et par le génie de la langue latine.
" Théocrite a plus de toutes ces grâces qui font la
beauté ordinaire de la poésie.
" Virgile a plus de bon sens, plus de force, plus de
noblesse et plus de pudeur.
" Après tout, Théocrite est original; Virgile n*est
souvent que copiste ('). "
Perrault, partisan, ami, champion des modernes, était assez peu convaincu du mérite de ce vieux berger sicilien. Perrault estimait que la Muse champêtre de M. de Fontenelle valait bien les chalumeaux du poète grec. Aussi disait-il au poète» neveu de Corneille :
" De rÉglogue, en tes vers, éclate le mérite,
" Sans qu'il en coûte rien au fameux Théocrite (3). "
I. De Callières, éd. de x688, p. 35. — 2. RéJUx, etc., p. 149.