I. Art Poét. L. IL — 2. L. H
' Régnier, le poète français qui a le mieux connu avant ** Molière, les mœurs et le caractère des hommes. *' Donc Boileau tenait Régnier en très haute estime ; pourtant vers la fin de sa carrière, il contait à ses Vers comment, lui, Boileau, avait été ** jadis à Régnier ** préféré (') "; et il avouait qu'il était allé ** d'un pas ** hardi ",
** Studieux amateur et de Perse et d'Horace,
" Assez près de Régnier s'asseoir sur le Parnasse ('). "
" Dans son vieux style encore a des grâces nouvelles.
Boileau semble faire la moue à ce vieux style. C'était assez la mode des beaux-esprits ; non pas de tous cependant. Plusieurs, et des plus délicats, goûtaient la langue naïve du temps passé. Est-il besoin de nommer La Fontaine, qui la fit entrer pour une bonne part en son style inimitable? Racine y chercha aussi une grâce nouvelle pour ses Épigrammes; et il lui rendit ce bel hommage, en tête de son Mithridate: ** Le Içcteur trouvera bon que je rapporte les paroles ** de Monime, telles quAmyot les a traduites; car ** elles ont une grâce dans le vieux style de ce traducteur, *' que je ne crois point pouvoir égaler dans notre *• langue moderne. '* (1673.) Nous avons dit comment un jour, pour charmer les loisirs de Louis XIV, Racine lui proposa une lecture d'Amyot.
La Bruyère a écrit tout un plaidoyer en faveur de notre vieux langage. Il n'osait même décider, à la fin du grand siècle, s'il devait céder la palme du style à ses contemporains, ou aux écrits de " Marot et ** de Desportes. " *' Si nos ancêtres ont mieux écrit