Jug, dês Sav, — Poèt. Mod
2. RéJUx, etc., p. 155. — " Régnier est original pour la Satire, mais ses ** saletés ne doivent être copiées de personne... M. Despréaux est original ** pour la Satire expurgée des saletés des Anciens. " (Vign. Marv. N"* ÉdiL, t. I, p. 282.)
Voilà des vers qui feraient crier: Vive Boileau! C'est une profession de morale et de courage littéraire et Boileau serait digne de ses titres à la gloire et à notre reconnaissance, pour cette seule déclaration. II déchira rudement certaines réputations plus ou moins mal acquises, il condamna au mépris des œuvres ou des hommes qui eussent mérité plus d'égards ; mais Boileau a dit aux écrivains de France: Respectez-nous et respectez-vous! Par ce côté il l'emporte sur ses devanciers païens et sur Régnier. Les autres Satiriques ont trop souvent insulté la morale en fouettant les vices; Boileau ici se pose en honnête homme, et il en a quelque droit. L'Académie française s'honora, en célébrant cette honnêteté courageuse. Le chancelier de l'illustre Compagnie, M. de Valincour, décerna ce grand éloge à la mémoire du poète défunt; ce fut dans la séance où l'Académie reçut l'abbé d'Estrées ('). Après avoir justement blâmé la licence des écrits de Juvénal, d'Horace et de Régnier, le chancelier ajouta : ** M.
* Despréaux sut mépriser de si mauvais exemples
* dans les mêmes ouvrages qu'il admirait d'ailleurs. Il
* osa le premier faire voir aux hommes une Satire
* sage et modeste. Il ne l'orna que de ces grâces
* austères, qui sont celles de la vertu même; et travail-
* lant à rendre sa vie encore plus pure que ses écrits,
* il fit voir que l'amour du vrai, conduit par la raison,
* ne fait pas moins l'homme de bien que l'excellent
* poète. "
Bien avant cet éloge posthume, Boileau en avait reçu un autre pour le même objet. Saint- Évremont avait exposé dans un petit écrit ses jugements sur la Satire. Il avait absolument condamné l'obscénité de