I. V. ch. I, p. 156. — 2. Juin 1699. — 3-2 juillet
m and Olivier Basselin, chansonnier du xv* siècle. ** Basselin, nous dit Vigneul-Marville, était un foulon ** de Vire en Basse- Normandie, auteur des Vaux-de-
* Vire, qu'on a appelés depuis Vau-de- Ville, par cor-
* ruption, selon la remarque de M. Ménage :
" Je ne puis sans horreur ouïr qu'au Vau-de- Vire, '* Où jadis on soûlait les belles choses dire "D'Olivier Basselin 0)."
Vauquelîn, normand comme le foulon, confirme cette Liymologie ; car il n'a eu garde d'oublier cette poésie toute française :
" Chantant en nos festins, ainsi les Vau-de- Vire,
" Qui sentent le bon temps, nous font encore rire ('). "
Voici la note de Ménage : ** On disait anciennement ' Vaudevire, qui est le nom d'un pays voisin de Vire,
* petite ville de Basse-Normandie, où ces Chansons
* furent premièrement inventées par Olivier Basselin,
* qui était un fouillon {sic) de Vire... Mais depuis on
* a dit Vaudeville par corruption, et c'est comme on
* parle présentement {^). " Segrais détaille davantage encore: *' Il faudrait dire:
* Vaudevire, et non pas Vaudeville ; parce que les
* Vaudevilles ont pris leur origine dans les vallées de
* Vire, rivière qui donne le nom à la ville du même
* nom, dans notre Basse- Normandie ; et ces VauXy ou
* les premiers Vaudevilles, avec le nom de Vaudevîre,
* ont été faits fort près de la même ville. Ces Vaux- ' de- Vire ayant été portés à Paris, où l'on ne savait ' pas bien d'où ils venaient, furent appelés Vaudevilles,
* par corruption (^).
I.T. I, p. 182.— 2. L. IL— 3. Observ, sur la Lan^. franc 2* éd. 1675, T. 1, p. 421-2. - 4. Mém. anecd.y p. m.
Les joyeuses Chansons du foulon normand, recueillies par tradition, ne furent imprimées qu'en 1576, et, selon toute apparence, après une forte retouche. Les couplets bachiques, où il célèbre le bon vin (ou le bon cidre), et son nez couvert de rubis, ont une tournure quasi moderne ; par exemple cette finale de couplets allègres :
" Verre plein, s'il n'est tost vuidé, ** Ce n'est pas un verre de Vire. "
On donna le nom de Vaudeville aux Chansons tantôt satiriques, tantôt louangeuses. En voici un échantillon, de Jean Faucon du Ris, seigneur de Charleval, poète que les Muses, suivant Scarron, " nourrissaient de '' blanc-manger et d*eau de poulet: "
" Que César autrefois ait subjugué la France " Par sa sage conduite et sa rare prudence,
" Je le crois bien:
" Mais qu'il eût entrepris d'en faire la conquête, " S'il eût trouvé Louis en tête,
" Je n'en crois rien.
*' Que des plus grands héros et des plus grands Monarques " On voie en Monseigneur briller toutes les marques,
" Je le crois bien:
'* Mais que, quel qu'il puisse être, il n'ait pas fort à faire, ** A marcher dignement sur les pas de son père,
" Je n'en crois rien ('). "
Au dire de Monchesnai, Boileau estimait fort deux Vaudevilles assez pauvres. Je laisse la responsabilité du fait à l'auteur du Bolaeana: ** M. Despréaux nous " vantait les deux Vaudevilles suivants, comme les * plus parfaits qu'il eût jamais vus. Le premier est du