Traité de poés,fr, — 2. V* Éd., t. I, p
*' Il faut même en chansons du bon sens et de l'art.
11 faut cela et quelque chose de plus, par exemple comme le veut le. P. Mourgues, ** quelque oreille poui ** la musique. " — '* En matière de Chansons, écrîi *' Boursault, à moins que les choses ne soient dans U ** dernière justesse, Toreille est un juge qu'on ne cor '* rompt point, et qui ne ferait aucune difficulté de con- ** damner un couplet entier pour une syllabe longue ** où il en faut une brève, ou pour une brève où il er ** faut une longue ('). "
Le grave Corneille expose, en beaux hexamètres quelle torture c'était pour lui d'avoir à travailler ur couplet aux ordres d'un musicien :
" Cent vers lui coûtent moins que deux mots de Chanson ;
** Son feu ne peut agir, quand il faut qu'il s'applique
" Sur les fantasques airs d'un rêveur de musique,
" Et que, pour donner lieu de paraître à sa voix,
*' De sa bizarre quinte il se fasse des lois ;
" Qu'il ait sur chaque ton ses rimes ajustées,
" Sur chaque tremblement ses syllabes comptées,
" Et qu'une froide pointe à la fin d'un couplet
" En dépit de Phébus donne à l'art un soufflet («). "
Le génie de Corneille était ou trop haut, ou trop peu flexible, pour se plier aux roulades exigeantes d'un Lambert. Mais combien d'autres depuis Corneille oni éprouvé ces embarras ! Combien aussi ont heureuse ment triomphé de ces obstacles ! Car la Chanson est chose française. C'était le sentiment de Malherbe et de Segrais qui le cite. ** Malherbe avait accoutumé de *' dire que notre langue n'était propre qu'à faire des '* Chansons. Et il est vrai aussi que si nous égalons