I. Œuvr. mêLy t. II, p
*' Chansons ('). Elles tiennent de TOde et de l'Épi- '* gramme, sans être précisément ni Tune ni l'autre, ** puisqu'elles ont un tour qui leur est propre, et qui '* peut cependant être varié à l'infini.
" Pour la matière, elles n'en ont point d'affectée. La ** tendresse de l'Élégie, les grâces naïves de l'Églogue, '' le badinage de la Comédie, le fiel de la Satire, et ** presque tout ce qui constitue quelque espèce parti- '* culière de poésie appartiennent de plein droit aux " Chansons. Quand M. de Benserade sortait de ces ** ingénieuses bagatelles, il sortait de son caractère ('). "
Est-ce à dire que les meilleures Chansons du xvii* siècle fussent préférables aux meilleures de notre siècle.^ Je suis loin de l'affirmer, très loin de le croire. Peu d'idées, quelque thème très populaire, c'est-à-dire très rebattu, en vers banals, adaptés à un air gai, accompagnés de refrains en Lanturlu^ lanrira, ion la et ton laine, voilà presque toujours le fond et la forme des Chansons, de ces ** tonrelontontons {^) ", d'il y a deux cents ans. J'en donnerais libéralement un millier pour deux ou trois couplets de Nadaud.
** Mais pourtant on a vu le vin et le hasard ** Inspirer quelquefois une muse grossière,
Horace avait] chanté cette inspiration du vin qui donne de la verve à l'intelligence la plus plébéienne :
" Fecundi calices quem non fecere disertum f "
Nous sommes assurément très éloigné d'appliquer la pensée de ces deux vers à leur auteur. Mais le premier
1. "Si ce n'est peut-être Anacréon et Horace dans quelques-unes de " leurs Odes. "