Ménatr, 3* Éd., t. I, p
CHAtîT II.
" Voici les vers dont M. Despréaux est si conten
" Doux ruisseaux, coulez sans violence; " Rossignols, arrêtez votre voix; " Taisez- vous, Zéphyrs, faites silence !
" C'est Iris, qui chante dans ce bois ('). "
Il est assez peu vraisemblable que Boileau, le Pind rique, ait mis cette platitude au-dessus de toutes U strophes de Pindare ou d'Horace.
" Mais pour un vain bonheur qui voua a fait rimer, " Gardez qu'un sot orgueil ne vous vienne enfumer. " Souvent l'auteur altier de quelque chansonnette " Au même instant prend droit de se croire poète. " Il ne dormiira plus, qu'il n'ait fait un sonnet;
Conseils excellents, mais inutiles, au xvii^ sièci comme en beaucoup d'autres temps. Tout le monde n pas la sobriété poétique de Tabbé de la Chambre, qi borna sa verve à un vers unique. C'est en vain que le Alceste crient aux Oronte :
" Quel besoin si pressant avez-vous de rimer ? "
Et pourtant combien de lettrés répétaient en chœur le conseils de Boileau : ** Il faut se garder de croire, disa ** le Père Mourgues, quon soit poète, pour avoir bie ** réussi dans une Chanson. "
Et le Père Rapin : ** On prend souvent ce qui n*es ** qu'un pur effet de l'imagination, pour du génie ** C'est par là qu'un ignorant s'érigera en poète dansl ** monde, pour avoir réussi dans un Madrigal... U ** Sonnet, une Ode, une Jtlégie, un Rondeau, et tou " ces petits vers, dont on fait souvent tant de bruit, n ** sont d'ordinaire que des productions toutes pures d *' l'imagination. Un esprit superficiel, avec un pe