Jtig. des Sav.^ t. III, p
*' Ces violentes hyperboles, ne sont point dans son " original, tout outré qu'il est d'ailleurs ; et I^rébeuf ** semble plutôt les avoir empruntées d'un historien du *' Bas-Hmpire, Sextus Aurelius Victor, (In l:lpit. hist. ** Aug. Julian. Imp.) qui dit : Stabant accrvinwniiuui ** similes, fluchat cnior JhDiiimim modo. Ce (}ui rend " l'expression outrée dans Brébeuf, c'est l'épithète de ''plaintives donnée à uiontagncs ; car il est d'ailleurs " assez ordinaire, surtout en poésie, cie dire :
*' Des montagnes de morts, des rivières de sang, "
" vers que Ménage ayant trouvé dans le N'icovicde do. " Corneille (acte m, se. i), a ainsi retourné dans son " Eeloû^ue, intitulée Christine :
" Des rivières de sang, des montagnes de morts.
" Les termes d'Aurélius Victor... ne sont pas si am- " poules.
Ainsi s'explique Brossette en son Commentaire. Mais dans des notes intimes, corrigées de la main de Boileau, Brossette a fait l'éloge de Brébeuf; il dit : " Brébeuf, gentilhomme normand, qui a traduit en '' vers la Pharsale de Lucain où il a bien du beau ('). " Vraisemblablement, Brossette a traduit dans cette prose le jugement poétique de Boileau sur Brébeuf :
" Malgré son fatras obscur,
" Souvent Brébeuf étincelle (^). "
Le vers cité par Boileau et détaché du passage de la Pharsale, semble plus ampoulé qu'il ne Test en réalité, quand on le lit en son lieu et place. Le voici avec
1, Corresp., etc. Éd. Laverdet; suppl. p. 493.