Épigr. XX y
254 L'ART POÎ^.TTQUE.
les alexandrins qui l'entourent. Pompée regarde le champ de bataille où ses soldats sont tombés :
" D'un rcMiipart de gazons, il voit de toutes parts,
" Des spectacles sanglants effrayer ses regards;
'' De morts et de mourants cent montagnes plaintives,
" D'un sang impétueux cent vagues fugitives;
" Cent horreurs, que du choc avait caché (') l'horreur,
'' S'étalent à ses yeux et déchirent son cœur (^). "
Il est, pour le moins, curieux de rencontrer des images identiques, des montagnes de cadavres avec des flots de sang, sous la plume de Brébeuf, de Corneille et de Ménage. On les retrouve aussi chez le P. Le Moyne, qui dit de saint Louis :
" Mais le saint roi vainquit sultans, monstres, démons, • " Fit de sang et de corps des fleuves et des monts. "
La traduction de la Pharsale eut grand succès. Aussi Costar et sa liste des Poètes français, parlaient comme l'opinion publique : " De Br'ébeiif, gentil- '' homme normand. Il fait admirablement des vers " français, comme sa traduction de Lucain le té- '' moigne (^\ " Brébeuf était poète et il y a même dans sa Pha^^sale des vers fort beaux, dignes de Corneille (f). Malheureusement Brébeuf choisit un poème déclamatoire, comme objet de sa muse et il rendit trop bien les périodes outrées du jeune poète de Cordoue. C'est à son modèle qu'il dut, en bonne partie, cette enflure des expressions, dont Racine, âgé de vingt-