Œuvres de Coffin, Ed. de 1755, t. Il, P
3. Brossette. Notes. — V. Carres p. entre Boileau et Bros set te. Laverdet ; Append. p. 529.
En ce temps-là, les vers de Boileau et de nos grands poètes n'étaient encore quun"ornenientdelamcmoire". Tout le monde apprenait et savait son Boileau : " même ceux qui ne l'admirent pas le savent par cœur, " disait Louis Racine('). Aujourd'hui il ne suffit plus de savoir ces vieux poèmes ; il faut les étudier. Aussi ces alexandrins froids comme la raison, graves comme une réprimande, n'excitent guère l'enthousiasme des lecteurs de seize ou de vingt ans. L'absence de couleur et la solennité passablement monotone d'hexamètres défilant toujours deux à deux, ne sont point les seules causes qui en rendent la lecture pénible à la jeunesse, et à d'autres. On ne lit avec plaisir que ce que l'on comprend sans peine. Or Despréaux partage déjà le sort des classiques, que les candidats, soit du baccalauréat,soit de la licence, déchiffrent à coups de dictionnaires, ou de traductions en langue " vulgaire et *' maternelle ".
Des commentateurs modernes se sont efforcés de leur rendre l'étude de Y Art Poétique profitable, voire même agréable ; et plusieurs y ont presque réussi (^). Mais, à mon sens, l'œuvre de Boileau ne se saisit bien pour l'ensemble, et pour le détail, que si on la prend tout entière à l'heure précise où elle est venue. Boileau n'est vraiment lui-même, et il n'est parfaitement intelligible, qu'au milieu de cette armée de beaux esprits, d'hommes et de femmes de lettres, qui pensaient comme lui, parlaient comme lui, jugeaient comme lui, ou par lui. C'est cette place d'honneur que nous avons voulu lui redonner,pour le faire compréhensible.Sa place est bien celle qu'on lui octroyait, en 1675, l'année qui suivit