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** rebat celle qui dit :
" Approchez^ troupes alticres, etc.
*' Celle sur la plume blanche du roi est un peu encore *' en maillot ; et je ne sais si je la laisserai avec
" Mars tt sa saur la Victoire.
" J'ai déjà retouché à tout cela : mais je ne veux '* point l'achever, que je n'aie reçu vos remarques, qui ** sûrement m'éclaireront encore l'esprit.
A son tour, Racine consultait l'oracle d'Auteuil. — *' Ces deux amis avaient un égal empressement à se '* communiquer leurs ouvrages, avant que de les mon- " trer au public, égale sévérité de critique l'un pour *' l'autre, et égale docilité ('). " Brossette, d'après les souvenirs de Boileau, prétend que la première pièce soumise par Racine au "Grand Prévôt du Parnasse", fut une tragédie. Louis Racine prétend que ce fut une ode, La Renommée aux Muses. Lequel des deux a raison? J'incline pour Brossette. Toujours est-il que, trente ans après ces débuts de poésie et de critique juvéniles, l'auteur àî Athalie demandait encore des lumières au lyrique de Namur. Racine, en 1694, venait de composer son cantique sur Le bonhetir des Justes. Il l'annonce à Despréaux et lui dit en parlant de ses vers : " Je ne les donnerai point, qu'ils n'aient passé par vos mains (') ". — Et à quelques jours de là : '* J'ai dit franchement que j'attendais votre critique " avant que de donner mes vers au musicien, et je l'ai " dit à Mme de Maintenon. qui a pris de là occasion " de me parler de vous, avec beaucoup d'amitié (2).
Racine ne consulta pas que Boileau. Il y avait chez ce poète de la correction comme un besoin inné de
I. Louis Racine, J//;«. etc. V^ p. — 2. 28 sept. 1694. — 3. 3 oct. 1694.
prendre les avis cl'autrui. 11 commença même par prendre l'avis du bonhomme Chapelain. Racine lui offrit son ode intitulée : Za Nymphe de la Seine. Chapelain examina l'œuvre en toute conscience, la garda trois jours, et coucha ses remarques " par écrit " (').
" Dépouillez devant eux l'arrogance d'auteur.
La Bruyère se souvenait peut-être de \ Art Poétique, quand il écrivait : " L'on devrait aimer à lire ses " ouvrages à ceux qui en savent assez pour les corri- " ger et les estimer. Ne vouloir être ni conseillé ni *' corrigé sur son ouvrage est un pédantisme (^).
Donc Boileau, ici encore, s'est borné à rimer des maximes admises, recommandées, pratiquées par l'élite des hommes de lettres. Aussi Desmarets s'est cru obligé d'accorder un satisfecit à Boileau, pour ces préceptes de la critique amicale. Il l'a fait ; mais voici en quels termes : " Tout ce qu'il (Despréaux) dit du " choix des amis, qui est tout pris d'Horace, et pour " suivre les conseils et pour la correction, et tout le " reste qui est dans les pages 109, i loet 11 1, est bien, " et doit-être pratiqué par lui-même. Car il aura plus
1. V. Lettre de Racine, à l'abbé Levasseur ; 13 sept. 1660. Parmi les juges littéraires auxquels Racine soumit ses chefs-d'œuvre, il faut nommer le P. Bouhours. Le billet qu'on va lire en fait foi. M. P. Mesnard, Grajids Écriv. de Fr. Racine, t.VI,) croit qu'il s'agit de Phèdre^ et il en fournit des raisons plausibles : " Je vous envoie les quatre premiers " actes de ma Tragédie, et je vous enverrai le cinquième, dès que je " l'aurai transcrit.
" Je vous supplie, mon Révérend Père, de prendre la peine de les '•' lire, et de marquer les fautes que je puis avoir faites contre la langue, '■ dont vous êtes un de nos plus excellents maîtres. Si vous y trouvez '■ quelques fautes d'une autre nature, je vous prie d'avoir la bonté de '■ me les marquer sans indulgence. Je vous prie encore de faire part de '• cette lecture au R. P.Rapin, s'il veut bien y donner quelques moments ".