I. Caract.y ch. I
" — Mais vous faites des vers. — Et qui n'en sait point faire ?
" C'est des esprits communs le métier ordinaire.
" Oui, les Vers sont des fruits de toutes les saisons;
" On en fait tous les jours aux Petites-Maisons;
" Chacun malgré Fhébus monte sur le Parnasse;
*' Il n'est point de grimaud (pii n'y marfjue sa place ('). "
" Et sans ceux que fournit la Ville et la Province,
La Province n'eut point les faveurs de Despréaux. Nous avons déjà relevé les dédains de Despréaux envers l'esprit provincial. Il le regarde, comme les génies légers d'Athènes regardaient les lourds esprits de Béotie; il renvoie aux admirations de province la Pharsale, le Typhon, et autres fatras. Ici, la Ville, c'est-à-dire Paris, reçoit aussi son coup de griffe.
Trente ans auparavant, le provincial, le Normand Corneille, définissait ainsi la grand'ville, par la bouche de l'un de ses personnages :
" On s'y laisse duper autant qu'en lieu de France ;
" Et parmi tant d'esprits plus polis et meilleurs,
" Il y croît des badauds autant et plus qu'ailleurs (^). "
Méritées OU injustes, voilà de spirituelles boutades, contre ce Paris qui applaudit Corneille et Despréaux. Les vers suivants, à l'adresse des ducs, des courtisans et des princes, sont plus qu'une boutade. C'est une
hardiesse.
" Il en est chez le Duc, il en est chez le Prince, " L'ouvrage le plus plat a, chez les courtisans, " De tout temps rencontré de zélés partisans.
Montfleuri, dans ses Bêtes raisoniiables, avait fait, d'une autre manière, la même critique. Il parle du nombre prodigieux d'ânes, que l'on rencontre un peu partout :