I. Ibid., p
" L'clîcrivain naïf qui se fait comprendre " A de grands succès ne saurait ])rétendre;
'* Il ignore l'art!
" Il devrait savoir f|ue le vrai sublime " Comme le Mont-Jîlanc a toujours sa cime
" Derrière un brouillard.
" J'estimerais peu le bon sens vulgaire, " Cet ancien bon sens, exhumé naguère,
** N'est plus de saison.
'* J'en négligerais la ressource infime, " Et j'aurais grand soin de trouver la rime
*' Avant la raison... ('). "
Si j'avais une chicane à faire aux jolies strophes d'Autran, je contesterais l'exactitude parfaite des deux
vers :
" L'article premier de l'Art poétique " Est de l'oublier. "
Non! les artistes en révolte ne l'oublient point; pas plus que les maraudeurs n'oublient le code pénal, ou le gendarme, ou le juge; et, pour prendre une image moins austère, pas plus que les écoliers en liesse n'oublient le magister ou la férule (^). L'ombre de Boileau poursuit les délinquants, comme le spectre de Banquo poursuit Macbeth. Pour se délivrer de cette vision, les gens d'esprit eux-mêmes lui jettent encore comme en 1830, les épithètes les plus crues; et tout