Extr. du Gaulois^ lo octobre
2. Peut-être M. Autran avait-il, de vive voix, soutenu la cause de Boileau, par devant son ami Jean Reboul. Le poète boulanger lui écrivait, en 1857 :
" — Mais Boileau...
" — Tu parles de Boileau? C'était un esprit sûr,
" Mais songe qu'il rima la Prise de Naniur! ...
" La Fontaine est absent de son Art Poétique,
" Et le Tasse essuya son injuste critique.
** Il faut bien convenir que par quelque côté,
" Cet homme-là manquait de goût ou d'équité. "
Autant d'objections auxquelles Reboul fait la même réponse qu'Autran. (V. Tradliioiinelles, p. 296 — 298,)
dernièrement M. Th. de I^anville lui criait, en haussant les épaules : « Cuistre ! » (')
On se plaindra, on se moquera toujours de VA?'^ Poétique; par la raison que toujours il y aura des artistes jeunes, impatients, ambitieux d'aventures. Or Hoileau n'est point l'homme des aventures; il ne les autorise que lorsqu'elles sont '' un effet de l'art ". Et parmi les émeutes du génie, il apparaît froid et grave comme le '' viriuii queni " de Virgile, ou comme le vieillard d'Horace :
"... Ccnsor casîigatorque niinoriDii. "
En règle générale, on rit de Despréaux, de sa perruque et de ses arrêts, jusqu'au jour où la fougue du printemps cède la place à l'expérience et à la maturité. Plusieurs alors, repassant ce vieux livre appris à quinze ans, s'écrient, devant les deux tiers des principes de Boileau, comme M. de Grammont aux raisonnements de Bourdaloue : " Morbleu! il a raison! "('')