‹ L'Art poétique (volume 2)Chapitre 65 sur 258 · I. Critique de l'Ecole des Fevunes^ se. VU · texte numérisé non relu

I. Critique de l'Ecole des Fevunes^ se. VU

— " Un sot trouve toujours U7i plus sot qui V admire. "

— " Chez elle (l'ode) U7i beau desordre est un effet de V art. "

— " Il faut ^ même en chafisons, du bon sens et de l'art. "

— " Soyez vif et pressé dans vos narrations, "

Pourquoi ?... — C'est qu'il le faut ! et que cela doit être de la sorte.

Les maximes de Boileau ressemblent, par un certain côté, aux morales que Lafontaine adapte et coud à ses fables. Le Bonhomme dit simplement ce qui se passe chez les animaux, — ou plutôt chez les humains; ce qu'il a vu, ce qu'il a entendu, ce que tout le monde voit et entend, il le narre,

" Bien ou mal, je le laisse à juger aux experts('); "

cela lui suffit amplement; il ne fait pas un cours.

De même les raisons que Boileau présente, quand il en présente, sont de celles que les philosophes nomment obvies. Aussi bien Boileau est toujours clair, rarement profond. Son poème enseigne Xart des vers, très peu la poésie; savoir, les sources, la nature, les effets de la poésie. Ce n'est point là son affaire. Il se borne à définir comment on s y prend, supposé que l'on soit poète. Boileau, n'ouvre point d'horizons et ne sonde point d'abîmes; il montre, il constate; ou bien il plante des jalons,

" Quos ultra cil raque nequit consister e rectum {^). "

Il est le poète de l'expérience. Mais comme son expérience s'est formée généralement chez les meilleurs modèles, dans le meilleur monde, avec le meilleur bon sens, bien souvent ses recettes valent des théories.

Voilà pourquoi parmi ses onze cents vers,on rencontrera peu d'aperçus neufs et point d'essais hasardeux. Boileau ne voit et ne veut faire voir aux génies

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