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LA MANUFACTURE

Après l'historique général de la Céramique et la visite des riches collections que contient le musée de Sèvres ; nous allons examiner ensemble, dans le magasin, la Céramique moderne.

l'aut pour tous

Avant cette visite, je crois devoir vous dire quelques mots sur l'origine de la Manufacture.

En 1740, les frères Dubois, ayant vu M'^^'' de Pompadour s'intéresser à leurs recherches, obtinrent des subsides et leur installation au château de Vincennes.

En 1753 une nouvelle Société fut formée sous le patronage royal avec privilège plus étendu, et le transfert à Sèvres fut décidé et réalisé en 1756.

A cette époque on ne s'occupait que de la porcelaine tendre, dont les premiers essais avaient été faits à Or* léans, à Rouen, à Saint-Cloud vers la fm du xvii° siècle.

Les perfectionnements apportés dans la fabrication et la décoration de cette porcelaine permirent alors de l'opposer victorieusement à la porcelaine de Saxe et même aux produits si recherchés de l'Extrême-Orient. En 1759 le roi ayant désintéressé tous les membres de la Société d'exploitation et étant devenu, par ce fait, le seul maître de l'entreprise, la Manufacture (royale alors) était fondée.

Peu de temps après s'opérait une transformation importante ; on était arrivé à découvrir les éléments composant la porcelaine dure, dont le secret était gardé en Saxe depuis un siècle environ ; et la fabrication de cette porcelaine fut poussée avec activité, sans toutefois que fût négligée la porcelaine tendre.

La prospérité devait continuer jusqu'à la Révolution, pendant laquelle la situation devint critique.

En 1800, M. Alex. Brongniart, devenu directeur, développait d'une façon remarquable la fabrication de la porcelaine dure, mais il eut le tort, reconnu généralement, de lui sacrifier la porcelaine tendre.

Avec la porcelaine dure les formes et la décoration subissent de grandes modifications; l'étrusque, le néo-grec

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remplacent les jolies et légères décorations et colorations de la jDorcelaine tendre, La porcelaine disparaît sous les dorures et les fonds de couleurs au feu de mouffle. Puis, vers 1848, viennent les pâtes colorées et le bleu au grand feu (dit bleu de Sèvres) dont on fit un si grand usage jusque vers 1880.

L'exposition de 1900 a été pour la Manufacture la consécration méritée de ses efforts pendant les vingt dernières années ; elle a présenté au public des objets formant un ensemble bien différent de ce que l'on était habitué à voir : et les modifications apportées dans les formes, les matières employées, la décoration modernisée, furent unanimement appréciés. La plupart des objets que vous avez sous les yeux ont figuré à ladite exposition.

Porcelaine tendre reconstituée. — Cette reconstitution, qui a nécessité de longues recherches, est due à M. G. Yogt, directeur des travaux techniques, M. Brongniart, comme nous l'avons dit précédemment, en ayant complètement abandonné la fabrication.

Cette porcelaine, dite artificielle, parce que alcaline, et ne contenant pas du tout de kaolin, cuit à i.ioo degrés et comporte l'application de couleurs et émaux vifs et éclatants, comme vous pouvez vous en rendre compte par ces objets de formes nouvelles, et de décoration moderne.

Pmxelaine dite nouvelle. — - Cette porcelaine fut présentée la première fois à l'Exposition de l'Union centrale des Arts décoratifs, en 1884. Elle est siliceuse et à couverte calcaire, ce qui permet de la décorer à l'aide de couvertes colorées, d'émaux, de couleurs sous couverte, de flammés, etc.. ; elle a une grande analogie avec les porcelaines chinoises et japonaises, et a du reste été cher-

cliée dans ce but, en raison de l'insuffisance de la porcelaine dure au point de vue décoratif.

Porcelaine nouvelle et grès ; recouverts par différents procédés, tels c[ue : couvertes colorées, couverte boracique, couverte mate, flammée, cristallisation, etc. — Tous ces procédés décorant par eux-mêmes, c'est-à-dire donnant à la cuisson à haute température, en feu oxydant ou réducteur, des effets agréables et souvent inattendus.

Porcelaine dure décorée de couleurs sur couverte au grand feu. — Jusqu'alors (et c'est encore le procédé employé généralement dans l'industrie) on peignait la porcelaine avec des couleurs ou oxydes métalliques mélangés à un fondant ou verre. Ce verre fondant à une basse température faisait adhérer les oxydes à la surface de l'émail et était d'une glaçure relative.

Parce nouveau procédé, les couleurs sont appliquées de même façon, mais elles sont cuites au même feu que la porcelaine, et, étant de même nature que la couverte, elles s'y incorporent par la fusion et ont par conséquent la même limpidité. Les oxydes métalliques ne résistant pas tous au feu de porcelaine, la palette est moins complète, on dispose cependant des bleus, des bruns, des verts, des jaunes et du mauve.

Grands vases décorés de couleurs sous couvertes, — Ce procédé consiste à appliquer sur le vase cru' (le plus souvent par insufflation) des couleurs presque infusibles^ le contour du dessin préalablement gravé dans la pâte ; puis à recouvrir le tout d'une couverte ; en un seul feu la pâte a pris sa transparence et les couleurs leur éclat.

Grès. — La direction de la Manufacture ayant conçu le 'projet ^dc faire un monument en céramique, il s'agis-

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sait de composer une matière offrant la plus grande résistance aux intempéries.

La porcelaine possédait bien les qualités voulues, mais c'était une matière trop précieuse pour un tel usage. Le grès présentant à peu près les mêmes avantages, sauf la blancheur, on en étudia donc la composition, et le monument fut entrepris; mais en cours d'exécution, craignant de ne pas l'avoir terminé pour FExposition, l'on dut se contenter d'une partie de la façade qui fut exposée à l'Esplanade des Invalides, et figure actuellement dans le square de l'Eglise Saint-Germain-des-Prés. Les sièges, les socles sur lesquels reposent les grands vases sont fabriqués avec cette matière.

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