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VOTRE VISITE A LA SORBONNE

UAlma Par eus,

Paris est à peine plus riche que Lyon en œuvres de Puvis de Chavannes, et peut-être ne possède- t-il pas les plus exquises de ses compositions. Il en a un noble choix, mais un choix un peu sévère. Je n'assistai qu'aux visites que VArt pour tous fit à Y Hémicycle de la Sorbonne, à VEté et à Y Hiver (Hôtel de Ville) , et à la Décoration de l'escalier du Préfet : Victor Hugo offrant sa lyre à la Ville de Paris. Je m'en tiendrai donc à ces quatre chefsd'œuvre.

A la Sorbonne, les adhérents deYArt pour tous allèrent d'abord voir, dans l'amphithéâtre de la Chimie, la composition allégorique de Besnard. Ce fut M. Frantz Jourdain qui nous l'expliqua. Qu'il me soit permis de reproduire ici les impressions d'un auditeur, telles qu*il les résuma le lendemain, dans un article sur Y Art pour tous.

MUSÉES

Le contraste aidera à clifTéreiicier, à caractériser Puvis de Chavannes.

La Chimie par Besnard.

(( M. Frantz- Jourdain, avec sa manière simple, familière, élégante et persuasive, fit comprendre et sentir par tous l'audacieuse beauté de l'œuvre où l'artiste a su exprimer le jeu infiniment varié et divers des forces profondes de la nature.

» Il nous fit voir l'harmonie de cette composition à la fois une et triple, une par l'harmonie hardie des couleurs et par la pensée philosophique profonde qu'elle révèle, mais composée de trois scènes : à gauche, le flux mouvant et tragique des énergies- chaotiques ; au centre, le rayonnement éblouissant du soleil et la présence même, la réalité de son action vivifiante.

)) Au cœur d'un paysage lumineux, aveuglant, splendide, parmi les reflets d'or qui jaillissent des herbes, des fleurs, des feuilles, sur un torrent d'eau vive et rapide comme le vol d'une flèche, tout près d'un serpent qui gonfle et déroule ses anneaux gigantesques et puissants, un cadavre de femme est étendu, d'un modelé admirable.

)) C'est donc la Mort, mais la mort d'où se dégage la Vie, la mort d'où sort la rénovation, et c|ui restitue aux êtres naissants les éléments infatigables de l'universelle énergie ; c'est vigoureux comme une page de Lucrèce^, et c'est moins sombre. Une sorte de joie virile et puissante d'acceptation courageuse de la loi de l'éternel devenir, émane de cette prodigieuse vision. Près de la mamelle gauche de la morte symbolique j doucement caressé par les vivifiants

rayons du soleil, tout rose dans cette avalanche de lumière, un tout jeune enfant complète Tallégorie.

» Enfin, dans l'angle qui est à droite du spectateur, un couple humain cueille les fruits d'or de l'arbre de vie, et un paysage d'un charme puissant et intense, mais infiniment plus calme que le précédent, glorifie la nature assagie et humanisée.

» M. Frantz-Jourdain retrace en quelques mots la courageuse carrière de l'artiste, qui sut, étant élève de l'Ecole de Rome, renoncer aux formules banales et aux succès faciles, inventer sa technique et son esthétique, et tenter de réaliser, dans les gammes des couleurs, des harmonies jusqu'alors inconnues. »

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